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samedi 31 janvier 2009

Retour de Singapour.

Je suis rentré hier de Singapour. Une semaine de vacances. J'y allais, comme les deux fois précédentes, pour faire faire un nouveau visa de deux mois. Et plein d'autres choses aussi!

Tout d'abord, j'étais invité à dîner chez des nouveaux donateurs, Krishna et son épouse. J'ai déjà fait un article sur eux. Ils sont adorables, m'ont posé plein de questions sur le foyer, son fonctionnement, sa vie, l'origine sociale des enfants... Un bon moyen de parler un peu anglais.

J'ai aussi eu l'occasion de fêter le nouvel an chinois avec des chinois. Le père Arro, MEP, qui m'accueille dans sa paroisse m'a emmené Dimanche soir faire le tour de familles chinoises catholiques, manger avec elles, et voir comment elles vivent l'évènement. 

Une expérience assez rare, parait-il, puisque ces dernières n'ouvrent que rarement les portes de leurs maisons pour ces fêtes. Occasion, aussi de ramener quelques sous pour le foyer. Lundi matin, je l'ai suivi quand il est allé dire la messe du nouvel an au Carmel, avec des chants chinois pour l'occasion, et bénédiction d'oranges. Les oranges sont un des symboles forts du nouvel an pour les chinois. Leur couleur rappelle l'or, la prospérité, leur forme, la perfection, et leur goût, le sucré, l'amour ou l'amitié. C'est pour le « good will », comme ils aiment dire. Autrefois il n'existait pas de rite particulier pour les catholiques à l'occasion du nouvel an, mais, il y a quelques décennies, un prêtre MEP a eu l'idée d'inculturer le catholicisme dans la culture chinoise de cette façon. Et le pli est pris; maintenant, tous les chinois catholiques ont droit à leur bénédiction des oranges.

Le nouvel an, c'est aussi l'occasion de retourner à Chinatown pour y humer l'ambiance. Overcrowded! J'avais appris qu'il existait environ 1 milliard et demi de chinois dans le monde. C'est faux. En fait, il y a en a beaucoup plus, et ils étaient TOUS au Chinatown de Singapour quand j'y suis allé.

Mardi. Les Singapouriens se remettaient lentement de leurs soirées. C'était encore férié, et les magasins n'ont pas ouvert. Avec Angeline, ma copine secrétaire à la paroisse on s'est donc fait emmener par le père Damien à Sentosa, l'« Integreted resort » de Singapour, genre de Disneyland local. En plein développement: en 2010 ouvrira un Casino géant, à 3 milliards d'euros, et un musée chapeauté par Pompidou (le musée, pas la veuve). Des maisons à 2 millions poussent comme des champignons. C'est joli, mais comme tout Singapour, c'est assez artificiel.

Mercredi, je suis aller retrouver Eric pour déjeuner. C'est un français (j'en voie assez peu pour pouvoir le souligner) qui est spécialiste des pirates. Mais je ne sais pas s'il est pote avec eux...On pourra probablement le voir bientôt sur Fr3. Je vous tiendrai au courant.

Mercredi, je devais aussi récupérer mon visa et rentrer. Malheureusement, les fonctionnaires indonésiens semblent avoir une conscience professionnelle aussi développée que leurs collègues français: « because of the lunar new year, we are latte. Please pick up your visa tomorow afternoon »... Je ne suis donc rentré au foyer qu'hier soir.  

P.S. Dans un ancien message, au retour de mon premier séjour à Singapour, je vous avais expliqué mes aventures à la recherche de pâté français (ou un truc qui y ressemble) dans le Carrefour de Singapour. Les vendeurs m'avaient emmené dans tous les rayons, ou presque, même celui de la nourriture chinoise et celui de celle pour chien (si!). En fait, j'ai trouvé le pâté: rayon confitures, miel et nutella. Véridique!

vendredi 30 janvier 2009

(AFP) - Les religieux musulmans de Jakarta opposés aux attentats suicide (sondage)

Une grande majorité des religieux en charge des mosquées de Jakarta s'opposent aux attentats suicide et estiment que la démocratie est la meilleure méthode de gouvernement, selon un sondage publié vendredi dans la capitale indonésienne.

75% des 250 responsables de mosquées interrogés par le sondage condamnent le recours aux attaques suicide perpétrées au nom de l'islam. 9% estiment qu'elles peuvent être justifiées.

Interrogés par l'université musulmane Syarif Hidayatullah entre novembre et janvier, ils sont également 78% à considérer la démocratie comme le meilleur des systèmes politiques pour l'Indonésie, le plus grand pays musulman au monde avec près de 90% de croyants sur un total de 234 millions d'habitants.

L'étude, révélée par le Jakarta Post, montre toutefois que 31% des religieux interrogés (contre 56%) sont favorables à l'introduction de la charia, la loi islamique, dans leur pays.

"La majorité des mosquées de Jakarta véhiculent des idées et des principes modérés. Mais il existe un petit nombre qui tend de plus en plus à pencher vers l'islam radical", a commenté le chercheur Ridwan Al Makassary.

La question de la place de l'islam dans la société fait débat en Indonésie, un pays doté d'une constitution laïque, depuis l'avènement de la démocratie après la chute du dictateur Suharto en 1998.

Le pays a depuis été victime d'une série d'attentats suicides, notamment à Bali où 202 personnes ont été tuées en 2002. Il n'y a pas eu d'attaques d'envergure ces dernières années.

mercredi 21 janvier 2009

(AFP) - Indonésie: un islamiste justifie des attaques de prêtres et d'étrangers

Un terroriste présumé lié à la Jemaah Islamiyah (JI) et jugé à Jakarta, a reconnu et justifié mardi des attaques visant des prêtres, des étrangers et un instituteur en Indonésie, coupables à ses yeux d'avoir "blasphémé" l'islam.

Le singapourien Mohammad Hasan bin Saynudin, présenté comme le chef d'une cellule terroriste dont dix membres sont jugés avec lui, a également reconnu avoir planifié de faire exploser un avion sur l'aéroport Changi de Singapour en 2000 mais le projet "a été démasqué par les autorités".

Interrogé par l'AFP dans sa cellule en marge de son procès, Hasan, 35 ans, a expliqué que des militants de sa cellule avait attaqué et blessé un prêtre en 2006 parce que ce dernier les avait "provoqués" en ayant créé "des chansons en arabe louant Jésus". "N'importe quel musulman aurait fait comme nous".

La cellule est également jugée pour avoir envisagé de tuer deux autres prêtres à Jakarta et planifié des attentats, dont l'un visait un café fréquenté par des touristes sur Sumatra.

Hasan a par ailleurs justifié le meurtre en juin 2007 d'un instituteur chrétien de 55 ans qui "insultait l'islam" en refusant le port du voile par ses élèves.

Il a indiqué avoir "suivi un entraînement militaire en 2000 en Afghanistan" où il a rencontré "à plusieurs reprises" Osama ben Laden, qui appelait à mener "la guerre contre l'Amérique".

Les onze suspects, qui risquent la prison à vie, avaient été interpellés fin juin et début juillet dans le sud de l'île de Sumatra, où la police avait découvert une vingtaine de bombes artisanales.

La JI, considérée comme le premier réseau islamiste d'Asie du Sud-Est, a été affaiblie par l'arrestation de centaines de militants après une série d'attentats jusqu'en 2006.

dimanche 18 janvier 2009

Tournoi de foot

Chaque week-end on essaie d'organiser une activité au foyer. Aujourd'hui, c'était tournoi de foot. Quatre équipes de 5, autant de supporters, et une bonne ambiance tout au long de la journée. Pour marquer le coup, on est même allé jouer la finale "en intérieur", sur un gazon synthétique. On a remis des prix aux gagnants, et chacun a même eu droit à son petit gouter. C'est rare au foyer!
Voilà en photos quelques moments de la journée.

Encore quelques chose à gouter...

... le jus de bave d'hirondelle. Véridique!

Expériences culinaires - La recette du mois: le martabak

Vous recherchez une recette diététique? J'ai ce qu'il vous faut: le martabak!
Pour faire un martabak, prenez une petite poêle a hauts bords et versez-y le contenu de deux-trois grosses louches de pâte à crêpes. Faites bien remonter la pâte sur les bords. Avant qu'elle ne soit cuite, mélangez-là avec le contenu d'une ou deux tasses à thé de sucre. La pâte obtenue doit faire un petit centimètre d'épaisseur.
Une fois hors du feu beurrez-là bien  (avec environ 1/4 de plaquette de beurre; non, je n'exagère pas), dans tous les sens. Badigeonnez d'une petite couche de lait concentré sucré.
Enfin, mettez les ingrédients de votre choix. Les plus usuels sont les noisettes, le chocolat (photo ci-contre), les bananes, le fromage râpé (si, si, avec le sucre et le lait concentré sucré!). Toutes les combinaisons sont possibles. Même la "complète": noisettes-chocolat-bananes-fromage.
Voilà. Bon appétit! 

Restaurant

Hier soir j'ai invité dans un warung - un petit restaurant indonésien où l'on mange pour 1€ - ceux de mes jeunes qui avaient eu les meilleurs résultats au dernier trismestre. Histoire de marquer le coup. Voilà quelques photos de la soirée.

samedi 17 janvier 2009

200 Mujahideens fail to leave for Palestine via Batam

Pour info, l'île de Batam, dont il est question est voisine de la mienne...

Batam,  (ANTARA News) - The dispatch of 200 mujahideens to Palestine by way of Batam-Johor-Kuala Lumpur on January 12-15, had been temporarily postponed.
M Ali, owner of an Islamic boarding school in Batam which was to serve as a place for the mujahideens to call, said in Jakarta Sunday night the temporary postponement was decided in a meeting of the mujahideens and Moslem sholar Abu Bakar Ba`asyir in Jakarta on Sunday at 4 p.m.
Ali who is also an advisor of the mujahideens said their departure via Batam, Johor and Kuala Lumpur could still not be done because the Malaysian government may not give a permission.
Instead, some 1,000 mujahideens will be staging a demonstration in front of the Egyption, Syrian, American, and British embassies and in front of the United Nations offices in Jakarta on Tuesday (Jan 13).
"We will ask the Egyption and Syrian embassies to open the way for the mujahideens and help our neighbors which are now being attacked by Israel," he said.
He said that it was also decided to entrust 220 thousand US dollars to an Indonesian five-member medical humanitarian team which on Monday (Jan 12) will be leaving Jakarta for Gaza by Egypt Air via Bangkok, Thailand.
The money was originally meant for the dispatch of the mujahideens to the Gaza Strip via Batam, Malaysian Peninsula, and Egypt.
Some 150 of the mujahideens came from Serang, Banten, East Java, and Central Java, and the rest from Lampung and West Sumatra.

mercredi 14 janvier 2009

Indonésie: fonctionnaires à vélo (AFP)

"C'est obligatoire. Le vélo est un bon moyen pour lutter contre le réchauffement climatique, mais aussi pour promouvoir une vie saine", a expliqué Ahmad Sotar, porte-parole de la municipalité de Jakarta sud, qui couvre une zone de 145 km2 et abrite 2,5 millions d'habitants.

La mesure, en oeuvre depuis hier, n'interdit pas aux fonctionnaires de se rendre à leur travail en voiture mais, une fois à leur poste, ils doivent ranger leurs clés et sortir le vélo.

Cette décision a surpris dans l'une des agglomérations les plus polluées et les plus embouteillées au monde, où faire du vélo est dangereux et peu recommandé pour la santé. Elle prend aussi effet en pleine saison des pluies, qui inonde régulièrement de nombreuses rues de Jakarta.

Le gouvernement local avait déjà provoqué début janvier une polémique en avançant à 06H30, au lieu de 07H00, l'heure du début des cours dans les écoles publiques. Le but est de lutter contre les embouteillages en découplant les horaires des écoles et des bureaux alors que l'agglomération de Jakarta, qui compte près de 20 millions d'habitants, manque cruellement d'un réseau de transports en commun.

Faire un don

Si vous souhaitez faire un don pour soutenir le foyer et les MEP, merci de me demander par mail un exemplaire du formulaire prévu: cedricdelaserre@yahoo.fr

mardi 13 janvier 2009

Les comptes - décembre

Voici les comptes du foyer pour le mois de décembre. Comme d'habitude, nous avons suivi le mode gestion utilisé à Bercy: dépenser plus qu'on ne gagne. Mais au contraire de celui de Christine, notre trou n'est pas comblé par l'emission de titres. C'est toujours le père Henri, ainsi que quelques donateurs (un grand merci à eux!) qui passent à la caisse...
On a donc:
- Recettes: 13 550 000 Rp
- Charges: 15 636 000 Rp
-> Déficit: 2 086 000 Rp

Plus précisément, on note dans les recettes 4 000 000Rp du père Henri, ce qui est une grosse somme, et 1 000 000Rp de donateurs.
Les charges se décomposent comme suit: 
- Nourriture: 5 984 000 Rp 
- Fluides: 1 092 000 Rp
- Divers: 560 000 Rp
- Salaires: 8 000 000 Rp.

En décembre, on ne travaille que deux semaines. Mais je paie double salaire... 

dimanche 11 janvier 2009

260 disparus dans le naufrage d'un ferry indonésien

Le navire a coulé dimanche au large de l'île de Sulawesi, dans une région où les naufrages sont fréquents.


Plus de 260 personnes sont portées disparues après le naufrage dimanche d'un ferry indonésien au large de l'île de Sulawesi (Célèbes). A bord se trouvaient plus de 250 passagers , 17 membres d'équipage et le capitaine.

Des moyens de recherches et de secours ont été envoyés sur zone», a indiqué un responsable de la sécurité maritime indonésienne, mais les conditions météorologiques sont difficiles.

«Quatre membres d'équipage ont été récupérés par des pêcheurs mais nous ne savons pas ce que sont devenues les autres personnes à bord», a-t-il ajouté. L'agence de presse indonésienne Antara a indiqué pour sa part que 18 personnes avaient pu être secourues.

Les autorités maritimes ont perdu le contact avec le Teratai Prima alors qu'il se trouvait à 50 km au large de Majene, dans l'ouest de Sulawesi. Le navire effectuait la liaison entre Pare Pare, un port de l'ouest de Sulawesi, et Samarinda, dans la province de Kalimantan Est, sur l'île de Bornéo.

Les naufrages sont fréquents en Indonésie, un immense archipel de plus de 17.000 îles et îlots. Les listes de passagers sous-estiment souvent le nombre réel de personnes embarquées et les normes de sécurité laissent parfois à désirer.


PS: Ce n'est pas la peine de paniquer: si je poste ce message, c'est que je n'étais pas dans ce bateau!

vendredi 9 janvier 2009

Photos du foyer.

Il y a plusieurs mois maintenant, je vous proposais quelques photos de "mon chez moi".
Voici maintenant, en vrac, le reste du foyer. J'ai fais exprès de ne pas mettre en scène les photos: pas de rangement ou de ménage particulier avant la photo.

Le dortoire.


















La chapelle.

L'extérieur.


L'extérieur, suite.


La salle d'études.


La salle à manger.


La table de ping-pong.


La salle des ordinateurs.


La plonge. En arrière plan une cuisinère à bois.


La cuisine. 1/2.


La cuisine 2/2: la cuisson.


La salle de bain des jeunes.


Voilà! C'est là qu'on vit à 50!



jeudi 8 janvier 2009

La controverse de Djakarta

Pioché sur www.lemonde.fr 

Le jour où Yudhi Widdyantoro, professeur de yoga à Djakarta, s'est retrouvé devant une brochette d'oulémas en train de justifier son activité, il s'est demandé s'il ne rêvait pas. Mais non, Yudhi Widdyantoro ne rêvait pas, ce matin du 2 décembre, et même s'il rit volontiers aujourd'hui de l'absurdité de la situation, il n'est pas sûr de trouver ça, au fond, vraiment drôle.

L'affaire est partie de Malaisie où, un mois plus tôt, le Conseil national des fatwas avait décrété que la pratique du yoga était "haram"(interdite) pour les musulmans, car teintée d'hindouisme. A peine les amateurs de yoga commençaient-ils à s'en indigner que, déjà, la question traversait le détroit de Malacca et gagnait l'immeuble flambant neuf du Conseil des oulémas d'Indonésie à Djakarta : fallait-il aussi décréter le yoga "haram" en Indonésie, pays qui, avec 240 millions d'habitants dont 85 % de musulmans, abrite la plus forte population musulmane du monde ? Le Conseil décida d'"enquêter". 

C'est ainsi que Yudhi se retrouva, avec quelques collègues yogis, devant sept hiérarques religieux, à répondre à des questions sur "le rituel du yoga". L'atmosphère s'est un peu gâtée lorsqu'un des oulémas a demandé à Yudhi, qui trouvait cette convocation "ridicule et arrogante", s'il était musulman. "Oui, sur ma carte d'identité", a-t-il dit. "Vous priez ?" "J'ai répondu non et je suis parti, parce que j'avais un rendez-vous." Depuis, certains de ses collègues le battent froid. 

Dernier symptôme de la dynamique qui secoue l'islam indonésien, dont la solide tradition d'ouverture et de tolérance est mise à l'épreuve par le militantisme de groupes conservateurs depuis quelques années, l'affaire du yoga suit son cours. L'intelligentsia de la capitale préfère s'en amuser, après le choc des deux controverses qui ont marqué 2008 : en juin, un décret gouvernemental a gelé les activités de la secte musulmane des Ahmadis, que les radicaux considèrent comme "déviante" parce qu'elle vénère son propre prophète ; puis, le 30 octobre, la loi anti-pornographie a été adoptée au terme d'un long combat entre courants libéral et conservateur de la société et de l'islam indonésiens. 

Guntur Romli ne risque pas d'oublier la bataille des Ahmadis - il en porte les cicatrices sur le visage, autour de l'oeil droit. Le 1er juin, il se trouvait parmi les manifestants rassemblés dans le centre de Djakarta pour soutenir le pluralisme religieux et le droit des Ahmadis à exister, lorsqu'un groupe de nervis des islamistes radicaux, le Front des défenseurs de l'islam (FPI), armés de bâtons, a attaqué la manifestation. Plus de 70 personnes ont été blessées ; Guntur Romli s'est retrouvé à l'hôpital avec le nez cassé et trois heures d'opération pour sauver son oeil. "C'est là que ça a commencé, en Indonésie, dit ce jeune intellectuel, qui a étudié l'islam en Egypte pendant six ans. C'était la première agression de l'islam progressiste par l'islam radical." 

Quelques jours plus tard, la police a arrêté une cinquantaine de membres du FPI, dont son chef. Mais, le 9 juin, l'annonce du décret donnant partiellement satisfaction aux radicaux - ils demandaient l'interdiction totale de la secte - a été perçue comme une concession du gouvernement, laïque et démocratique, aux groupes fondamentalistes. 

Puis la bataille s'est déplacée au Parlement, où un projet de loi contre la pornographie lancé en 1999, très édulcoré sous la pression de mouvements féministes et progressistes, avait été relancé en 2006. Eva Sundari, 43 ans, députée du Parti démocrate indonésien du combat (PDP-I, centriste), a participé à la rédaction du nouveau projet de loi et, devant l'impossibilité d'imposer ses objections, a quitté l'Assemblée avec les 108 députés de son parti au moment du vote. Aujourd'hui, elle est inquiète : "L'islam libéral en Indonésie est menacé par la droite." 

La loi adoptée définit comme pornographiques "les dessins, ébauches, illustrations, photos, textes, voix, sons, images vidéo ou cinéma, dessins animés, poèmes, conversations, gestes ou toute autre forme de communication dans divers médias, ainsi que les spectacles publics susceptibles d'inciter à l'obscénité, à l'exploitation sexuelle et de violer la morale". Les peines pour les contrevenants ou pour ceux qui "exposent leur nudité" peuvent aller jusqu'à dix ans d'emprisonnement. Enfin, l'un des articles de la loi autorise "le public à agir pour empêcher la production, la diffusion et l'utilisation de la pornographie". Pour les libéraux, c'est la porte ouverte à de nouveaux abus des brutes du FPI. 

Plusieurs provinces indonésiennes à population chrétienne ou hindoue ont protesté. Le gouverneur de Bali a fait savoir qu'il refuserait de l'appliquer sur son île. Les professionnels du tourisme, furieux, ont réussi à imposer une clause protégeant le port du bikini sur les plages. Face aux critiques qui accusent la loi anti-pornographie de "trahir les valeurs nationales", le président de la République, Susilo Bambang Yudhoyono, un homme accommodant, démocratiquement élu en 2004 et candidat à un nouveau mandat cette année, a signé la loi en catimini, ce qui ne s'est su que courant décembre. Depuis, plusieurs associations étudient un recours devant la Cour constitutionnelle. 

Vieux routier du combat démocratique, l'écrivain Goenawan Mohamed, qui contribua activement à la chute du régime Suharto en 1998, garde la tête froide. "Attendons de voir comment cette loi va être appliquée", dit-il, attablé devant le superbe centre culturel qu'il vient de créer à Djakarta. "Si elle est rigoureusement appliquée, il y aura une forte résistance." Pour lui, il y a une façon optimiste de voir les choses en Indonésie : "L'islam conservateur, ou plutôt sectaire, est en hausse, mais l'islam libéral aussi" et il est trop tôt "pour dire lequel va l'emporter". Pour l'instant, il se réjouit de "la liberté du débat, impensable sous l'ancien régime"

Il y a, chez les intellectuels libéraux indonésiens, une sagesse, un refus de s'alarmer qui exaspère des gens comme la députée Eva Sundari. Elle a vu, pendant la discussion sur la loi anti-pornographie, comment les conservateurs musulmans ont réussi à faire passer l'idée dans la société qu'il s'agissait simplement de protéger les femmes et les enfants. Elle voit l'habileté avec laquelle "la droite islamique", comme elle dit, infiltre les campus et les structures universitaires, pénètre la bureaucratie, exploite le système politique. 

Face à cet activisme, accuse-t-elle, "les libéraux restent passifs". Tête nue mais les bras et les jambes couverts par un ensemble chemise-pantalon, elle pense qu'ils se trompent : "C'est un défi pour notre démocratie." Guntur Romli, le blessé du 1er juin, n'est pas loin de penser la même chose. Pour lui, "le problème de l'islam libéral, c'est que la majorité silencieuse reste silencieuse". Pendant ce temps, l'islam radical progresse, représenté "dans la rue par le FPI, dans la religion par le MUI (Conseil des oulémas) et au Parlement par le PKS", le Parti de la justice et de la prospérité.

Anis Matta, secrétaire général du PKS, n'a pourtant pas l'air menaçant. Au Starbucks Café d'une grande galerie commerciale, il arrive en compagnie de sa jeune femme Sylvia, Hongroise convertie à l'islam, enceinte, portant hidjab et abaya. Elle évite ostensiblement de serrer la main d'un interlocuteur masculin présent mais Anis Matta, en costume occidental et chemise à col ouvert, ne refuse pas la nôtre. Il explique que "l'explosion de démocratie" a donné "trop de liberté aux médias", surtout la télévision, qui s'en est servie pour "diffuser de la pornographie".

"C'est allé trop loin, dit-il. Or les Indonésiens n'aiment pas l'extrémisme, ni de droite ni de gauche. Ici, le communisme a échoué et Suharto est tombé parce qu'ils sont allés trop loin." Fin et courtois, Anis Matta affirme pratiquer lui-même le yoga, déclare que le dangdut, musique de variété locale dansée de façon très suggestive, est "OK" et qualifie le port du voile de "choix individuel""Il est très malin, mais il a trois femmes", dit de lui une collègue au Parlement. "Non, deux", rectifie-t-il. Et sur une autre polémique qui a choqué beaucoup de femmes, celle d'un religieux musulman qui a pris comme deuxième épouse une fillette de 12 ans en prétendant imiter le Prophète, il préfère ne pas prendre parti.

Dangereux radicaux ? Pas le PKS, répond Sidney Jones, une spécialiste de l'Asie du Sud-Est à l'International Crisis Group. L'influence croissante de la filiale locale du Hizb ut-Tahrir, un groupe islamiste interdit dans la plupart des pays musulmans, qui veut instaurer un califat, l'inquiète davantage. Pour elle, le PKS rassemble des "militants politiques islamiques qui utilisent le système démocratique et veulent transformer l'Indonésie, de haut en bas, en une société plus conforme aux principes islamiques, qu'il s'agisse de la manière de s'habiller, de la moralité, de la corruption ou de la solidarité sociale". Le PKS a "de loin les cadres les plus dynamiques", et les organisations musulmanes traditionnelles modérées commencent à s'en inquiéter sérieusement. Plus que les intellectuels, qui se rassurent en soulignant le faible poids électoral du PKS (7,5 % en 2004).

Anis Matta affirme que son parti sera "très heureux" s'il atteint 10 à 12 % des voix cette année. Car ce n'est pas sur les bancs du Parlement que se joue l'avenir de l'islam indonésien. Dans cet archipel où hindouisme et bouddhisme ont précédé l'islam, dans ce pays si ouvert qu'il a fait de"l'unité dans la diversité" sa devise, c'est au coeur même de la société que se livre, chaque jour et âprement, la bataille pour le pluralisme et la tolérance.

Sylvie Kauffmann

mercredi 7 janvier 2009

Construction, à l'indonésienne...

Un nouveau lycée général catholique vient d'être construit juste derrière le foyer, sur notre terrain de foot. Tout beau, tout neuf. Six classes. Ce n'était pas du luxe; jusqu'à présent, le lycée catho n'a pas de locaux, il emprunte ceux de l'école primaire. Réviser son bac sur des tables de CP n'est tout de même pas l'idéal. Donc cette construction était vraiment bienvenue. Mais les architectes et les comptables indonésiens ne sont pas toujours très futés: les premiers ont oublié de mettre une salle des profs et des WC, et les seconds n'ont plus d'argent pour acheter des tables, chaises, tableaux... On se retrouve donc avec un bâtiment tout neuf mais qui reste vide, et des lycéens sans locaux. Cherchez l'erreur.

Réveillon de la saint Sylvestre.

Un peu en retard, voici tout de même un bref récit de mon réveillon de la saint Sylvestre.

Comme je l'ai rapidement expliqué dans les articles précédents, j'ai passé Noël dans un coin complètement perdu. La difficulté, une fois que l'on est arrivé là-bas, c'est... d'en sortir. J'avais prévu de rentrer vers le 27 pour pouvoir passer 24h au foyer, laver mon linge et récupérer quelques affaires avant de partir réveillonner. Mais ça n'a pas été possible. Le seul bateau de la semaine passait le 29. Va pour le 29, à... 1h du matin. Le temps de la traversée, je suis donc arrivé sur mon deuxième lieu de vacances le 30 pour le déjeuner. Où, déjà? Chez mon pote Hilarius, l'évêque de mon diocèse de mission.

En fait, pour être plus précis, avec les autres volontaires, on avait recherché un endroit bien, pas cher, facile d'accès depuis chez nous et si possible disposant d'un prêtre pour avoir la messe. On voulait mettre une petite dimension spi à notre rencontre. Ça n'a pas été facile, mais on a finalement trouvé un centre de récollection qui était vide à ce moment-là. C'est sur l'île de Banka, juste à l'est de Sumatra, au sud de chez moi. Il se trouve que c'est là qu'habite Mgr Hilarius. On s'est donc retrouvé à 5, Mon co-volontaire, Myo, et les papous pour trois jours de repos, et de promenades et baignades ensemble. On s'est même offert des cadeaux de Noël entre nous. Des petits trucs, histoire de marquer le coup.

Pour le réveillon en lui même, c'est plus simple qu'en France: quelques amis de l'évêque nous ont rejoint le soir, et, autour d'un chariot de bières et de gâteaux, on a apprit des danses Florès. Au douzième coup de minuit, on a eu droit à une bénédiction épiscopale puis, après s'être souhaité la bonne année, au dodo! En effet, le lendemain, lever 5h 30: l'évêque nous a emmené à sa cathédrale où il célébrait la messe pour la nouvelle année. Puis nous l'avons suivi saluer ses fans diocésains, avant qu'il ne nous fasse visiter son évêché. Sympa Hilarius!

lundi 5 janvier 2009

Noël à Mangkait. Quatrième et dernière partie: Visages en vrac

Voici un petit échantillon de visages des habitants de Mangkait. Toutes les photos sont extraites de l'album que vous pouvez visionner en bas à droite de cette page.

dimanche 4 janvier 2009

Noël à Mangkait. Troisième partie: célébrer la nativité du Seigneur.

Si je suis allé à Mangkait, c'est avant tout pour célébrer Noël avec des Indonésiens qui vivent cette fête encore de façon « traditionnelle », sans matraquage commercial, sans course aux cadeaux, sans se prendre la tête.

Alors, comment les Indonésiens fêtent-ils Noël? De façon assez classique, mon général. Le 24 en début de soirée, ils célèbrent la messe. Au début de celle-ci, les enfants du village jouent une crèche vivante devant l'autel. On chante "Malam kudus" ("Douce nuit, Sainte nuit"), et les autres chants traditionnels de Noël, toujours en Indonésien. Le soir même, rien de particulier n'est prévu. 

Le 25, tous les insulaires sont priés de porter des vêtements neufs, ou, à défaut, leurs plus beaux vêtements. Le matin une messe est de nouveau célébrée, puis les petits enfants viennent chercher un petit sac de cadeaux dans la maison du prêtre. Il contient quelques friandises et une bricole, mais rien d'extraordinaire. Tout le village se retrouve. Après un repas simple et rapide, les famille se reçoivent entre elles et s'offrent à manger toutes sortes de petits gâteaux préparés avec amour (c'est qui?) depuis plusieurs jours déjà. 

Un principe très bien, je trouve, mais pénible dans sa mise en oeuvre concrète: il est de très mauvais ton de passer devant une maison et de refuser l'invitation qui est faite d'entrer, et il est indispensable d'accepter de manger les gâteaux que l'on propose. Refuser serait une insulte. Et comme c'est un honneur pour chacun de recevoir LE blanc à la maison, je fus invité partout. De quoi en être malade. J'ai visité comme cela 22 familles le premier jour, 18 le deuxième, 20 les troisième et quatrième. Une expérience finalement assez pénible. Le soir du 25, comme on a pas mangé assez de gâteaux, tout le village se retrouve: on dîne ensemble en suivant un spectacle, dont le déroulement semble immuable: discours du responsable de l'île, genre de maire, puis discours du représentant des autorités provinciales, s'il est là, discours du responsable des la communauté catholique, puis discours du responsable de la communauté protestante, prière du prêtre, prière de la pasteure, re-crèche vivante (pour les protestants qui par définition n'étaient pas à la messe), 

chants des enfants, bénédicité par le prêtre (au moins 10 minutes!), musique pendant qu'on mange, Grâces par la pasteure, karaoké. Voilà, Noël est passé.

Nouvelle expérience culinaire

Durant mes vacances, j'ai pu manger de la peau de tortue. Voilà le résultat en images. C'est pas très bon.

Noël à Mangkait. Deuxième partie: Vivre là-bas

Si les habitants de Mangkait sont très pauvres – ou, en tout cas, ne possèdent rien – ils n'en sont pas moins généreux pour autant. J'avais l'impression de vivre 15 fois par jour la parabole de la pauvre vieille qui a plus donné au temple avec sa piécette que tous les gros riches et leurs tas de billets. C'est bouleversant à en pleurer de voire quel accueil ils savent réserver, même à celui qu'ils ne connaissent pas: 
chaque jour les familles se disputaient pour savoir où j'allais prendre mes repas 
(toujours des plats bien préparés; beaucoup mieux que ce qu'ils mangent d'ordinaire), où j'allais dormir. Tous voulaient m'emmener pêcher, venir se baigner avec moi... Les enfants me suivaient ou que j'aille: je passais, ils venaient. Aussitôt, laissant leur barque et leur père, ils Le suivirent. (Mat 4, 22) Lol.

Autre trait frappant des habitants de Mangkait, ils semblent heureux. On sent, certes, qu'une tension se crée entre leur mode de vie et la marche du monde, mais, les jeunes mis à part, ils ne s'ennuient pas. Déjà, ils sont pris par leur vie quotidienne. 

Mais surtout, l'île forme une grande communauté, solidaire et conviviale, a

britée des tempêtes du monde. La crise financière??? C'est quoi la finance? La vie s'écoule paisiblement.

D'ailleurs, ils ne semblent pas avoir de notion de temps, les jours mis à part. Je m'explique. En France, le temps passe de quatre façons:

- La nuit qui tombe et le jour qui se lève marquent le temps quotidien (à Mangkait aussi)

- Les saisons marquent le temps annuel. A Mangkait, il n'y a pas de saison, donc, d'une certaine façon, le temps annuel n'existe pas. A deux nuances près: l'année scolaire et l'année liturgique qui donnent de minces repères, mais plus sous la forme de cycles qui recommencent indéfiniment que sous celle d'une progression.

- L'échéance de la mort marque le temps de la vie. A Mangkait, l'individu n'existe pas tellement en tant que tel. C'est le groupe qui compte. Et tant que la moyenne d'age du groupe ne varie pas sensiblement, le temps passe sans marquer les esprits.

- Les innovations techniques marquent les époques: il y a l'avant et l'après électricité, l'avant et l'après Internet... A Mangkait, il y a à la rigueur l'avant et l'après moteur sur les barques, mais guère plus. On ne change pas d'époque.

Donc aujourd'hui ou il y a cent ans, pour eux, c'est presque pareil.

Nouvel album

Je viens - péniblement - de mettre en ligne 104 photos de mes vacances de Noël sur l'île de Mangkait. Elles sont visibles dans la colonne de droite, en bas, sur la pile des albums. 

Noël à Mangkait. Première partie

Je reviens de vacances. J'ai passé Noël sur l'île de Mangkait. Chez Hendrikus et Elen, deux de mes élèves. Ils habitent une île assez loin du foyer: pour y aller, on prend d'abord un ferry pe
ndant 24h. J'appréhendais un peu ce voyage. Des échos que j'en avais eu , je croyais que l'on voyageait sur un genre de chalutier ou de cargo pas confortable. En fait, c'est un vrai paquebot: six ponts, de la place pour se promener... Mais en classe éco, c'est vraiment... économique: wc ignobles, compagnie de (dizaines de) cafards, odeurs de pieds, de transpiration, d'urine... bref, bienvenue dans l'Indonésie populaire! Après 24h de voyage, on arrive à Tarempa. Tarempa, c'est une petite île de la mer de Chine, de l'archipel des îles Anambas, tout à fait au nord de l'Indonésie, entre Bornéo et la Malaisie. Pas assez grande pour qu'il y ait des voitures. Mais assez tout de même pour que l'on y trouve quelques magasins. De cette île, on prend une petite barque à moteur et en quatre heures d'une traversée sur une mer d'huile, zigzaguant entre de magnifiques petites î
les sauvages, on arrive à Mangkait.

Mangkait, enfin. C'est un tout petit bout de terre. Trop petit pour figurer sur la carte d'Indonésie qui trône sur un mur de ma chambre et fait pourtant près d'un mètre carré. Si je dis qu'il y a au moins 800 mètres entre les deux points les plus éloignés, on va encore me dire que je suis marseillais. Sur ce petit bout de terre vivent 300 familles. Presque toutes de la pêche. A gauche en débarquant, ce sont les catholiques, et à droite les protestantes. Le partage a été fait de la même façon qu'en Papouasie par les missionnaires qui se sont divisés oecuméniquement le travail. Donc cette île est très essentiellement chrétienne. C'est assez rare pour pouvoir être souligné.

L'arrivée sur l'île est... déconcertante. N'ayons pas peur des mots, disons même effrayante. Les gens qui y vivent sont pauvres et coupés du monde. A un point que l'on imagine pas. Tous étaient très excités. Des enfants sont partis en courant ou pleuraient dans les bras de leur maman en voyant ce blanc débarquer. Des adultes me touchaient la peau ou m'arrachaient les poils des jambes, se demandant comment l'on peut être si blanc et si poilu, avoir un nez si long tout en restant pleinement un être humain.

Ça ne leur semblait pas évident du tout. Moi qui ne suis pas tactile pour un sous, j'ai pas trop aimé. En plus de leur attitude, leurs visages aussi m'ont effrayé: Je ne voyais que les dents noires, les chicots, les gencives vides, les haillons qu'ils portent. C'est très déconcertant, et, dans un premier temps met très mal à l'aise. Je ne me sentais pas du tout à ma place. Mon Dieu où suis-je?

Puis Hendrikus m'a invité à déjeuner dans sa famille. Ok, on y va. Sa famille habite une cabane sur pilotis, sur la plage, en face de l'école primaire. Je dis cabane, parce que c'est bien de cela qu'il s'agit: 5m sur 5 environ, un plancher et des murs en planches mal dégrossies, un toit en tôle. Pas un seul meuble, si ce n'est une vieille petite console sur laquelle est posée la télé. On mange par terre, on s'assoie par terre, on dors par terre. Si on peut sur un petit matelas, mais le plus souvent à même le plancher. Pas d'eau courante, pas de salle de bain. La mer fait office de wc et le puits commun de douche. Pas de téléphone, peu d'électricité (en fait, simplement un générateur le soir pour la télé et une ampoule de 20W). On cuisine par terre aussi, avec un réchaud au fuel, ou un petit feu. Toute la famille vit là, grands-parents compris. 

Voilà pour les premiers décors, misérables. A côté de cela, la nature est superbe. Là ou ils n'ont pas été explosés, les coraux sont grandioses, la mer est bleue-comme-avec-du-canard-wc, les poissons multicolores, la vue sur les autres petites îles très belle.

Sur l'île elle même, on trouve, en plus des cabanes en bois qui couvrent l'essentiel de la surface, une école primaire, une église et un temple protestant, et un collège tout neuf. Ce sont les seuls bâtiments en dur. On trouve aussi un terrain de foot, deux puits, et c'est tout! C'est rapide. Olivier, le volontaire précédent, m'avait dit que l'on en faisait le tour en 15 minutes. Mais c'est faux. Il faut deux-trois jours! Certes, un français mettrait 15 minutes, en marchant. Un indonésien ne peut pas ne pas s'arrêter dans CHAQUE maison pour discuter. Alors forcément, c'est plus long...