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vendredi 28 novembre 2008

Singapore, acte 2.

Je ne vous l'ai pas dit. Hier je suis rentré d'un séjour de deux jours à Singapour. Mes deux jours de congés dimensuels. Je devais refaire un visa, pour éviter de me retrouver dans la prison pour clandestin qui vient d'être reconstruite à Tanjung Pinang. J'ai failli y passer, d'ailleurs, par ma seule faute: mon visa précédent était valable soixante jours, ce qui pour moi voulait dire deux mois. Donc du 25 septembre au 24 novembre, pour moi cela convenait. Erreur, crétin, ça fait 61 jours. Le flic de la douane a donc voulu me faire peur (faut bien qu'il ait, de temps en temps, le sentiment d'avoir du pouvoir), en me disant que j'étais un clandestin, que c'était illégal, et que, si il voulait il pouvait m'envoyer en prison sur le champ. J'ai fait ma blonde et ça a marché: l'incarcération immédiate a d'abord été commuée en une amende de 200 000 Rp (ce qui est beaucoup, un visa de 60 jours, hors « petite enveloppe » obligatoire coûtant 250 000 Rp), puis, devant ma pseudo-détresse que j'ai tenté d'extérioriser le plus possible, l'amende a été réduite à des gros yeux.
Voilà, c'est la seule aventure du séjour. Pas de naufrage, pas de prise d'otage, pas d'amende, pas de prison.

Singapour.
C'est quand même une ville très particulière. Les singapouriens aussi sont particuliers. Que font-ils de leur vie? Alors, d'abord, ils travaillent. Beaucoup. Ensuite, ils ont deux loisirs: faire du shopping et aller au restaurant. C'est pas croyable le nombre de malls, shopping centers et autres galeries commerciales qui existent. Pour un état qui n'est pourtant pas si grand (4 millions d'habitants environ), réussir à en construire (et remplir!) autant est pour moi une prouesse. C'est simple; chaque pâté de maison a son shopping center. Et ils développent le concept bien mieux qu'en France: chez nous (enfin, chez vous), un centre commercial est conçu pour faire des courses. Certaines personnes – qui ne doivent rien avoir de mieux à faire, les pauvres – vont s'y promener, mais cela n'est pas d'abord conçu pour cela. J'ai « visité » le dernier mall singapourien, et, manifestement, le concept a changé: c'est devenu avant tout un lieu de promenade décomplexée: En plus des magasins et boutiques en quantité incroyable, on trouve des jardins pour se reposer, une terrasse sur le toit avec vue sur la mer, bancs, transats, coins d'herbe et bassins pour se rafraîchir, jeux pour les enfants, lieux de prière, grande promenade, avec d'un côté les terrasses des restaurants du mall est de l'autre une vue assez belle sur le port de tourisme et une île préservée de l'industrialisation. C'est donc bien avant tout un lieu de promenade. Une forme de néo mall dans lequel « les courses » en tant que loisir seraient poussées à leur paroxysme. « Tu viens, on va aller se reposer en prenant un bain de soleil sur les transats des Quatre Temps. - A quel endroit? Entre le Mac Do et Celio ou à côté du LCL et du parking? » C'est quand même assez glauque, non?
Après ces centres commerciaux new age, on peut être surpris par la pub: chaque bus et chaque coin de rue a son écran avec des pubs en continu (avec le son bien évidement), et cette année c'est Hitatchi qui sponsorise les décorations de Noël. Le nom de la boite est donc sur chaque décoration de Noël, chaque guirlande et tous les sapins de l'espace public. A quand les Champs-Elysées décorés par Renault (avec des mini Twingo clignotantes dans les arbres), ou le sapin « marque repère » offert par Leclerc sur le parvis de Notre Dame?
Bon, je suis méchant. Singapour a aussi ses bons côtés. D'abord, on y mange bien pour pas cher. Angeline, la gentille secrétaire de la paroisse qui m'accueille (« the best secretary on the earth », d'après le curé, le père Arro, MEP), m'a invité dans un super restaurant: on peut y manger du vrai pain, et du beurre français à volonté. Un régal!!
Comme autre qualité, Singapour est propre. Même nikel. Ça change de l'Indonésie. Posséder un chuingome est un délit et jeter un papier par terre aussi. Jeter un chuingome doit donc être un grave délit avec circonstances aggravantes.
Ensuite Singapour est climatisée. Partout: métro, magasins, restaurants, musées, bus, taxis, églises, WC publics... Tout est climatisé! Et la clim est le plus souvent réglée sur « glacial », 22-23°. Du coup, bien que l'on crève de chaud à l'extérieur, à Singapour on sort avec son pull.
Mais ce qu'il y a de mieux à Singapour, ce sont les Singapouriens. Enfin, ceux que je connais sont sympa. Il y a d'abord Angeline, la gentille secrétaire dont j'ai parlé plus haut et qui joue le rôle de copine de tous les volontaires qui débarquent dans sa paroisse pour refaire leur visa. Il y a le père Michel Arro, un français, curé de la paroisse qui ne peut s'empêcher de donner une bonne bouteille ou quelques billets (« pour acheter des fruits aux enfants »), avant que l'on reparte. Il y a le père Damien De Wind (qui malgré son nom Hollandais et son visage Philippin n'est ni l'un ni l'autre), le vicaire qui fait quelques bonnes blagues et se montre intéressé par les volontaires qui viennent chez lui. Il y a le père Bruno, MEP aussi, qui a toujours des trucs pour emmener les volontaires dans des coffee shop bio ou des endroits comme ça. Il y a Iwan, le responsable de la pastorale des jeunes de la paroisse qui, s'il n'est pas funissime, a le coeur sur la main....
Bon, sinon, mis à part manger et visiter les centres commerciaux, qu'y ai-je fait dans cette ville?
Je suis allé me promener. A Little India pour voire des Indiens et à Chinatown j'ai rencontré quelques Chinois. A Clarcke j'ai pris un verre sur le bord de la Singapore River, un ruisseau, et en haut du Mont Faber j'ai admiré de loin la taille impressionnante des porte-conteneurs qui arrivent au port. Voilà. En deux jours et demi, c'est pas mal, non?

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