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mardi 29 juillet 2008

Nouvelle rubrique

Sur la colonne de droite, je viens d'ouvrir une nouvelle rubrique à consulter illico: des liens vers des blogs passionnants!

Dépêche AFP: Ils meurent après avoir bu de l'alcool

Attention Anne-Charlotte et Gwénolé, votre mission est à haut risque. La Papouasie, c'est mortel!

Source : AFP
29/07/2008
Au moins quinze Thaïlandais et un Indonésien sont morts après avoir bu une boisson locale composée d'alcool et de graisse de porc en Papouasie occidentale, ont annoncé des responsables.
Les victimes, des marins, ont absorbé le breuvage lors d'une escale dans le port de Merauke, dans l'est de l'archipel, a indiqué à l'AFP Nick Tobing, porte-parole de l'ambassade de Thaïlande à Jakarta.
"Ils ont fait une fête sur le bateau, avec une liqueur locale contenant de l'alcool avec d'autres substances. Peut-être était-ce trop fort ou ont-ils trop bu", a-t-il déclaré. Au moins une dizaine de bateaux de pêche étaient amarrés à Merauke, a-t-il précisé.
Un Indonésien qui a bu le breuvage est décédé et une cinquantaine de personnes ont été hospitalisées, selon Petrus Tjia, directeur de l'hôpital général de la ville.
Les scandales liés à la mauvaise qualité des produits alimentaires ne sont pas rares en Indonésie où les boissons artisanales, souvent censées procurer de la force, y sont très répandues.

Contempler et agir

Il y a quelques mois je suis allé à Vézelay avec les MEP (cf. les vieux messages). Au retour, on m'a demandé d'écrire un article pour le journal des volontaires et anciens volontaires MEP, la Mepnews. Celle-ci vient de paraître, voici donc pour tous ceux qui n'ont pas la chance d'y être abonné, l'article:

Quand l'on m'a dit qu'avant de partir en mission la formation dispensée par les MEP comprenait un pèlerinage à Vézelay, je n'en ai pas compris le sens. Et quand j'ai appris qu'il s'agissait de marcher avec des religieux de communautés nouvelles, et en particulier avec les fraternités monastiques de Jérusalem, j'ai encore plus été surpris. Pourquoi donc une vieille institution missionnaire – 350 ans tout de même – tenait-elle tant à ce que ses volontaires marchent deux jours avec de jeunes contemplatifs? Ça me dépassait un peu...

J'ai donc entamé ma marche, heureux certes de ce moment privilégié de foi, mais sans en comprendre véritablement le sens. Cela fut d'abord la veillée de prière à Saint Gervais. Les très belles mélodies des Fraternités m'ont vite fait entrer – et tous les pèlerins avec moi - dans une prière sincère et recueillie. Puis, trop rapidement, chacun est reparti, emportant l'un des sept dons de l'Esprit Saint sur un papier pour guider sa marche du lendemain.

Comme tout voyage, le trajet en car reste un moment classique de découverte: du thème du pélé, des autres volontaires, des autres pèlerins... Puis, après un petit temps de marche et une messe célébrée dans une jolie petite église de campagne, les ventres affamés des marcheurs furent enfin rassasiés. Le temps – a peine – de se reposer et de découvrir aux travers de témoignages l'oeuvre de Jean Vanier, et nous voilà déjà repartis sur la route en méditant un bel extrait de la lettre de Paul aux Galates: « [...]Rendez-vous par la charité serviteurs les uns des autres [...] » (5- 13,18). J'ai enfin cru y déceler quelque chose qui pourrait conduire nos pas de pèlerins-volontaires MEP: Ne part-on pas – un peu – pour être serviteur de nos frères en Asie et dans l'océan Indien?

Au crépuscule, après la montée vers la basilique, Jean Vanier nous a un peu parlé de sa vie et de son oeuvre. Je retiens de cet enseignement la question d'Éric, lourdement handicapé: « Qu'est-ce qui fait que je suis aimable? Suis-je important pour quelqu'un? Quelqu'un m'aime t-il? » Là encore le lien avec la mission MEP m'est apparu: partir loin servir le plus petit, le plus faible, le plus pauvre ou le plus handicapé, n'est-ce pas lui dire : « Oui, je t'aime, tu as de la valeur pour moi. J'ai fais tout ce long voyage pour toi, pour te le dire. Et Dieu aussi t'aime! Infiniment plus que moi! Tu es irremplaçable pour Lui! ». Et je me suis dit que si au moins une personne pouvait prendre réellement conscience de cela, alors ma mission serait gagnée!

De la journée du Dimanche ma mémoire retiens d'abord ces Laudes, superbes, devant les merveilles de la création. « Dieu vit tout ce qu'il avait fait: cela était très bon » (Gen1, 31). La messe d'envoi en mission et l'homélie de Monseigneur Patenôtre a elle aussi retenu mon attention dans la définition qu'il donne de la Gloire. « La Gloire, ce n'est pas celle de ta naissance, de tes diplômes, de tes habits. Non, c'est d'entrer dans sa gloire à Lui, entrer dans cette passion d'amour. [...] Cette gloire là, ce n'est pas de la gloriole, c'est la gloire d'engager sa vie jusqu'au bout. » Voilà un programme loin de tout vedettariat et sur-mesure pour des apprentis missionnaires!

Ce n'est finalement qu'en rentrant que j'ai compris le sens de ce pèlerinage: marcher avec des contemplatifs signifie que pour agir juste, il faut inscrire nos actes dans l'amour du Christ par la contemplation. Marcher avec des communautés nouvelles, c'est parce que l'Église est jeune!

La maîtresse est très gentille!

Depuis hier, je suis retourné à l'école. J'apprends l'indonésien. J'ai trois semaines et 90 heures de cours pour maîtriser le mieux possible les structures de la langue et prendre possession d'un vocabulaire totalement étranger. Chaque semaine j'ai trente heures de cours particuliers avec trois fois deux heures par jour et à chaque fois un professeur différent. Ça permet de changer les approches, les pédagogies, de ratisser large et de passer deux couches là ou c'est pas clair. C'est donc au pas de course que l'on avance. J'ai parfois du mal à suivre: c'est pas facile de se remettre au niveau de l'enfant, de ré-apprendre à lire l'heure, à dire droite et gauche, à faire des phrases débiles pour comprendre les négations, de réciter les chiffres et les jours de la semaine comme au CP.
C'est un peu humiliant, mais bon, c'est bien pour l'humilité: Ce matin, j'ai par exemple interviewé trois secrétaires de l'école pour leur dire: « Bonjour, à quelle heure vous êtes-vous levés ce matin? A quelle heure avez-vous pris votre petit déjeuner? A quelle heure êtes-vous partis au travail? A quelle heure avez-vous commencé à travailler? A quelle heure rentrerez-vous chez vous? Merci! Au revoir! » Il y a quand même plus glamour comme interview...
Depuis deux jours, je suis censé maîtriser: la présentation, les chiffres (j'ai beaucoup de mal), les négations, la situation dans le temps et dans l'espace (ici, là, ceci, cela, maintenant, hier, après demain, dans trois ans, le 2 mars,...) les couleurs, le vocabulaire de la nourriture (Très important! On a joué à la marchande), les questions, l'heure (là, je saturais, c'est peu rentré...). Plus plein de vocabulaire.
A l'école de langue, outre le couple de volontaire MEP dont j'ai déjà parlé, il y a des élèves du monde entier. Des jeunes. Du coup, on retrouve une ambiance un peu occidentale. Mais comme on est tous en cours particuliers, on ne se croise qu'aux poses et on ne peut du coup pas trop lier d'amitiés.

Demain, vous le savez tous, c'est l'ascension. Si, si, cette année l'ascension est le 30 juillet. Pas celle du Christ, évidement, celle du Prophète. Vous saviez que lui aussi avait son ascension? Moi, non. C'est un peu un copieur. Ce qui est bien, du coup, c'est que c'est férié. Pas d'école. Je vais donc pouvoir un peu visiter Yogya.

dimanche 27 juillet 2008

Retraite et cours de langue

Voilà maintenant plusieurs jours que je n'ai plus écris de message: j'étais, avec les volontaires et missionnaires MEP de toute l'Indonésie, en retraite dans un monastère de trappistines. Celui-ci, sur un volcan de l'île de Java,a été fondé il y a 21 ans par son actuelle supérieure. Il abrite une communauté d'une quarantaine de sœurs, souvent encore jeunes, dont une quinzaine de novices: ça change des "monastères-maisons-de-retraite" si courants en France. La mère supérieure, une New-Yorkaise, nous a prêché la retraite et a parlé - en français - du sacerdoce, de la mission, du sens de d'une retraite, de la lectio divina, du service, de l'amour, bref, de plein de choses.
Mais le mieux, à mon sens, a été de rencontrer les volontaires et de faire leur connaissance: Il y a Damien, dont j'ai déjà parlé, Myosotis, une volontaire qui fait un job assez similaire au mien, mais avec des enfants plus jeunes, niveau primaire. Elle travaille vraiment dans des conditions difficiles: pas d'électricité, pas d'eau courante, loin des villes, beaucoup d'enfants à gérer... Elle a même trouvé un serpent et une mygale chez elle... Elle a beaucoup de mérite. Plus loin de chez moi, au Lampung, Claire fait tout un travail dans une université. Et encore plus loin, en Papouasie, Renaud et Fanny viennent de terminer leur mission d'un an comme professeurs d'anglais dans un petit séminaire. Ils sont remplacés par un autre couple qui vient tout juste d'arriver: j'aurai probablement l'occasion d'en parler, puisqu'ils vont suivre les cours de langue en même temps que moi.
Avec nous faisaient aussi retraite les missionnaires: Henri, Paul, Jean, Jo, Vincent et Jean-François qui n'est en fait là que pour l'été puisqu'il fait encore des études. Le père Antoine de Monjour est venu de Paris pour les visiter. Ils ont tous des histoires de missionnaires, plus folles les une que les autres à raconter: untel qui s'est un jour couché sans remarquer le serpent sous son oreiller, tel autre qui a eu un enfant de chœur dévoré par un tigre au Vietnam, ... De vrais missionnaires à l'ancienne!
Des moments forts d'échanges des joies et difficultés de chacun. Cette semaine a aussi été l'occasion de sortir de la moiteur de Tanjung Pinang: sur les volcans il fait en ce moment très sec, et la nuit, froid. Il n'y a pas de moustiques. Ça change. Belles balades, des rencontres.

Voila pour la semaine passée.
Mais, depuis Jeudi soir, j'ai terminé cette retraite et suis arrivé à Yogyjakarta, toujours sur l'île de Java: Je vais prendre trois semaines de cours de langue avec 30h de cours particuliers par semaine: un vrai taf; fini les vacances... Yogya est une ville assez grande (de l'ordre du million d'habitants), très universitaire. Son Histoire est riche et elle recèle quelques trésors magnifiques: j'en ferai probablement un ou deux articles.
Je suis hébergé dans le séminaire de la compagnie du Sacré Coeur de Jésus (enfin, je crois que c'est ça) qui a été fondée par un Français de Saint Quentin. Pour le moment le séminaire est presque vide; ses occupants sont eux aussi en retraite. Du coup c'est très (peut être même trop) calme. Seuls deux séminaristes servent de gardiens. Mais ce qui est bien, c'est qu'ils s'occupent de moi: on parle, ils me montrent le chemin pour aller en vélo à l'école (à l'aller c'est facile: ça descend, mais au retour, je crois que je brulerai un peu des graisses accumulées durant la semaine...), me présentent leurs amis... J'ai quand même hâte de commencer l'école demain matin!

jeudi 17 juillet 2008

Semaine de rentrée, lancer de chat & autres brèves

Voila maintenant quatre jours que les jeunes sont rentrés à l'école. Le foyer se met doucement en route, chacun prend ses marques, les habitudes reprennent. Je commence a découvrir les caractères de chacun: les grandes gueules se font repérer en premier. Il y a aussi les minets: ils viennent souvent dans le bureau parce que c'est là qu'il y a le seul miroir - cassé - de tout le foyer. Il y a aussi les rebelles. Ils sont encore discrets. Il y a des timides, des bruyants, des sportifs, des crâneurs, des contemplatifs, des presque-autistes, de tout, quoi!
Pour un volontaire, une journée normale commence a 4h50 avec le lever du dortoir. C'est tôt, mais de toute façon chacun est déjà plus ou moins éveillé depuis 4h30 a cause de (grâce à?) la prière chantée par le muezzin. Entendre plusieurs fois par jour la cacophonie des mosquées du quartier diffusée par des hauts parleurs d'encore plus mauvaise qualité que ceux des Mac Drive m'a au début cassé les oreilles. Maintenant je m'y fait, ça rythme ma journée, et je me dit que c'est quand même beau de s'arrêter, comme ça, au milieu de ses activités plusieurs fois par jour pour prier.
Après le lever, chacun prend sa douche, rapidement, pour évacuer la sueur collante de la nuit. La messe commence a 5h30, quand il fait encore nuit. Le lever du soleil, à la même heure tout les jours, est exactement au moment de la consécration. Un beau symbole!
Après on prend le petit déjeuner, café ou thé a l'indonésienne (c'est à dire très très sucré), avec du riz généralement frit.
Les petits partent ensuite au collège - a vingt mètres du foyer - à 7h, pendant que les grands ont une heure d'étude. Le reste de la matinée est consacrée aux diverses taches des volontaires (la compta demande beaucoup d'efforts). On déjeune quand les collégiens rentrent, généralement a 12h30.
Après avoir fait une permanence dans le bureau-des-pleurs-infirmerie-banque-labo-photo-salon-de-réception-procure-générale-bibliothèque-salle-de-téléphone-salon-
de-coiffure-chambre-d'amis-salle-de-musique qu'est le bureau des volontaires, on peut enfin souffler de 14h00 a 16h00 quand les lycéens partent en cours. Théoriquement c'est la sieste. Mais, a cause des multiples appels "Mister! Mister!" des collégiens qui font autre chose que dormir, on ne se repose pas tant que ça. Enfin, ça va quand même.
A 16h00, le foyer s'anime de nouveau: c'est le ménage. Certes il n'est pas toujours très bien fait, mais bon, au moins ici, ce sont les enfants qui tiennent la maison. Puis c'est re-douche, étude et jeux jusqu'au dîner de 19h00. Comme à midi, c'est toujours du riz, avec une touche de légumes, du piment et du poisson. Parfois une mini-banane ou un fruit. Un jour je vous décrierai leur façon de manger qui est... dépaysante.
Après le diner, c'est re-étude, jusqu'à la prière du soir, vers 21h00: le plus souvent une lecture de l'Évangile du lendemain commentée par Hiro, le directeur du foyer.
Enfin, les enfants se couchent, et on est tranquille: discutions (et dégustation de charcuterie, fromages, vins français...) entre volontaires et directeur du foyer sur la vie de celui-ci, ses problèmes, ses projets...
On ne se couche pas très tard.

Ce qui me frappe, de cette première semaine, c'est la relativement grande autonomie des enfants: à 11 ans ils couvrent eux mêmes leurs livres, sans aide, lavent leur linge, se lavent les dents sans qu'on leur demande, font le ménage et la vaisselle... Ils sont beaucoup plus autonomes qu'en France. Mais ils ne font pas moins de bêtises.

Autres brèves:

  • L'électricité marche ici selon un courant alternatif: on alterne les moments de la journée avec et sans électricité de façon aléatoire. Quand une coupure a lieu durant la journée, c'est pas gênant, mais le soir, si ça fait drôle le premier jour c'est beaucoup moins marrant après... Le père Henri m'a expliqué qu'ils coupent le courant par ce qu'il n'y a pas assez de fuel: les employés de la centrale le piquent pour le revendre en douce. Classique.

  • Il y a beaucoup de chats qui trainent dans le foyer. Certain s'aventurent sur le balcon des volontaire, lieu dont la privacite (ça se dit??) est au combien sacrée! Ils sont téméraires: leur présence m'agace (quoi que mon co-volontaire m'a dit que grâce a eux il n'y a plus de souris), et du coup je les attrape par la peau du cou et les balance par dessus le balcon. Je peux confirmer qu'il est faux de dire qu'un chat retombe toujours sur ses pattes: ça tombe le plus souvent comme une crotte. Il y en a d'ailleurs un petit qui s'est casse une patte. Le pauvre, il boite.

  • Mardi soir, après l'heure de coucher les enfants, on a trouvé un serpent noir d'un petit mètre dans leurs toilettes. Ça a mis le bordel et de l'excitation pendant au moins une demie heure. Difficile de les recoucher après.

  • Hier, Emmanuel, un ancien volontaire (d'il y a dix ans) est passé "en voisin" de retour de Camberra. Il organise les messes du Jour du Seigneur et Dimanche dernier, il y en avait une pour les JMJ. Elle est visible sur le site du Jour du Seigneur.

  • Demain, je pars a cinq heure (du matin, naturellement) en avion avec le pere Henri a Jakarta pour la retraite annuelle des missionnaires et volontaires MEP en Indonésie. Je pourrai enfin découvrir les autres volontaires et leur mission. La retraite sera prêchée par une américaine; je ne sais pas si ce sera en francais ou en anglais. Elle parlera du sacerdoce, de la mission et de la lectio divina. Après je vais directement trois semaines prendre des cours d'indonésien. Je ne sais pas si j'aurai accès à Internet a ma guise, donc ne vous inquiétez pas de mon possible silence.

mardi 15 juillet 2008

L'Indonésie reconnaît son rôle dans les massaces au Timor-Oriental en 1999

D'après lemonde.fr

Les présidents indonésien et est-timorais ont reçu, Mardi 15 juillet, un rapport concluant à la "responsabilité institutionnelle" de Djakarta dans les "crimes contre l'humanité" commis en 1999 au Timor-Oriental et dit en "accepter" les conclusions. Le rapport s'appuie sur une enquête menée par la commission Vérité et Amitié, une commission de réconciliation mise en place conjointement par les deux Etats.

En 1999, le Timor-Oriental avait massivement voté pour l'indépendance, après vingt-quatre ans sous occupation indonésienne. Une flambée de violences avait alors vu des milices paramilitaires appuyées par l'armée indonésienne tuer plus de mille personnes, tandis que de nombreuses autres avaient été torturées, violées ou déplacées.

"CAMPAGNE ORGANISÉE DE VIOLENCES"

Jusqu'à présent, Djakarta affirmait que son armée n'avait pas participé aux violences et que celles-ci étaient le fait d'individus isolés. Mais selon le rapport, l'armée, la police et le gouvernement ont "coopéré de façon constante et systématique avec les milices". La commission accuse de hauts responsables militaires d'avoir fourni des fonds, des armes et une aide opérationnelle aux milices pour neutraliser les partisans de l'indépendance. Le rapport parle ainsi de "campagne organisée de violences" et souligne que l'Indonésie porte "une responsabilité d'Etat" dans les exactions.

Le texte souligne par ailleurs la responsabilité de plusieurs groupes indépendantistes timorais, accusés de violations des droits de l'homme.

Selon le ministère des affaires étrangères indonésien, Djakarta était "dans l'obligation morale" d'accepter les conclusions de ce rapport, commandé par le chef d'Etat indonésien lui-même et qui "représente une approche consistant à aller de l'avant (...) dans une perspective de réconciliation". Sans présenter d'excuses formelles, le président Susilo Bambang Yudhoyono a "fait part de son très profond regret concernant des faits qui ont provoqué des morts et des dommages matériels".

DOUTES SUR LES SUITES DU RAPPORT

La commission Vérité et Amitié fait toutefois l'objet de plusieurs critiques. Si elle souligne la responsabilité des institutions, la commission ne dit pas qui, dans ces institutions, a participé aux exactions. Elle ne peut donc assigner devant un tribunal les criminels de guerre toujours impunis et ne répond pas à la demande des victimes et du clergé catholique timorais de mettre en place une cour de justice internationale.

La remise de ce rapport, qui ne recommande aucune amnestie ou réhabilitation, n'exclut cependant pas la tenue d'un procès. Pour l'une des responsables de l'enquête, citée par la BBC, la commission pourrait même en favoriser le déroulement, grâce aux nombreux témoignages d'auteurs présumés des exactions et de victimes. Par ailleurs, en mettant l'accent sur le rôle structurel des institutions militaires, le rapport pourrait poser les premiers jalons d'une réforme de l'armée indonésienne.

Rentrée scolaire

Le 14 juillet, c'est bien connu, c'est la rentrée des classes. En Indonésie, les "grandes" vacances durent deux semaines... Les enfants ont donc rejoint le foyer. En fait, ils arrivent au compte-goutte depuis Vendredi. Dimanche sont arrivés les nouveaux accompagnés par leur famille.
Pour "fêter" leur rentrée au lycée, les grands ont eu droit à un examen hier matin, tôt... Ils se sont levés à 4h30. Pour les autres, et pour les volontaires aussi, le Lundi est jour de grasse mat': la messe n'est pas célébrée au foyer, donc on peux dormir jusqu'à 6h00! Bagus! Puis, dans la journée, le foyer n'est jamais vraiment vide: les petits vont au collège le matin et les grands au lycée l'après midi, donc il y a toujours du monde, de la vie, du bruit.
Je n'ai que cette semaine de tuilage avec le volontaire que je remplace: il me faut donc tout apprendre en quatre jours, ce qui n'est pas facile: organisation de l'emploi du temps, règles de vie du foyer, cas particuliers à connaître, situation géographique des différents endroits de la ville (supermarché, magasins, marché, banque, lycées, maison d'un paroissien qui poste notre courrier de Singapour, garage, dispensaire, presse, station service...). On fait tout en moto, au pas de course. Je crois qu'on n'aura que le temps de voire l'essentiel, mais pas d'entrer dans les détails.
Je vais prendre aussi en charge la gestion de la comptabilité du foyer: un ÉNORME sac de nœuds dans lequel je vais essayer de mettre un peu d'ordre. C'est pas gagné. Je ferai un article quand je comprendrai un peu mieux.
Le soir, après le dîner, chaque élève s'est présenté à ses pairs. Moment de rigolade. Puis ce fut au tour des volontaires. J'y ai pas coupé. En Indonésien, s'il vous plaît!
Dans la rubrique connaissance de l'Indonésie, savez-vous qu'il est presque impossible de trouver un tire-bouchon sur mon île? Hier au supermarché, ils vendaient du vin dans des bouteilles avec bouchon de liège, mais pas moyen de mettre la main sur un tire bouchon; ils n'en avaient pas. Pas très pro. Comment font-ils pour ouvrir le vin de messe?
Voilà pour hier.

Les lycéens dont je vous ai parlé plus haut sont arrivés en retard à l'école hier... Pour les punir, leurs profs les ont convoqués encore plus tôt aujourd'hui. Pour s'assurer qu'ils se lèvent il a donc fallu que les volontaires s'y collent. Du coup, lever: 4h00!! Avant même le muezzin.
Puis, pour la messe de 5h30, il a fallu de nouveau se lever, une heure plus tard.
Voilà, bonne journée!

lundi 14 juillet 2008

Ca y est, c'est fait!

Ça y est, j'en ai mangé!
Je suis allé déjeuner au presbytère et en plat principal (et en fait unique), j'ai mangé du chien! D'apparence, ça n'a rien de particulier; c'est une viande très banale. Même le missionnaire a demandé confirmation à la cuisinière pour être certain qu'il s'agissait bien de chien. Pour le goût, c'est la même chose; ça n'a goût que de la sauce... Pour la texture, c'est un peu élastique; la peau fait caoutchouteuse.
Voilà, vous savez tout sur le chien; vous pouvez maintenant en manger avec le sourire!

dimanche 13 juillet 2008

Claude Gueux

Je viens à l'instant de terminer Claude Gueux de Hugo.
En ne remplaçant que le troisième mot (France) par Indonésie, je trouve que le passage suivant, qui date pourtant de 1834, est particulièrement d'actualité dans ce pays:
"Quand l'Indonésie saura lire, ne laissez pas sans direction cette intelligence que vous aurez développée. Ce serait un autre désordre. L'ignorance vaut encore mieux que la mauvaise science. Non. Souvenez-vous qu'il y a un livre plus philosophique que le Compère Mathieu, plus populaire que le Constitutionnel, plus éternel que la Charte de 1830. C'est l'Ecriture Sainte. Et ici, un mot d'explication. Quoi que vous fassiez, le sort de la grande foule, de la multitude, de la majorité, sera toujours relativement pauvre, et malheureux et triste. A elle le dur travail, les fardeaux à pousser, les fardeaux à traîner, les fardeaux à porter. Examinez cette balance: toutes les jouissances dans le plateau du riche, toutes les misères dans le plateau du pauvre. Les deux parts ne sont-elles pas inégales? La balance ne doit-elle pas nécessairement pencher, et l'État avec elle? Et maintenant, dans le plateau du pauvre, dans le plateau des misères, jetez la certitude d'un avenir céleste, jetez l'aspiration au bonheur éternel, jetez le paradis, contre-poids magnifique! Vous rétablissez l'équilibre. La part du pauvre est aussi riche que la part du riche. C'est ce que savait Jésus qui en savait plus long que Voltaire.
[...] Donc, ensemencez les villages d'évangiles. Une Bible par cabane. Que chaque livre et chaque champ produisent à eux deux un travailleur moral."
D' après Victor Hugo, Claude Gueux

jeudi 10 juillet 2008

Semaine d'integration

Depuis quelques jours, je n'ai plus rien publié, parce que je n'étais plus au foyer, et n'avais pas accès a Internet a ma guise. J'ai en effet passé quelques jours a Batam, l'autre "grande" ile indonésienne a coté de Singapour, juste a l'ouest de Tanjung Pinang. Le foyer est en vacances, donc, le temps de m'acclimater au pays, de commencer a apprendre un peu quelques rudiments de la langue, et a me faire a la vie indonésienne, j'ai été accueilli par Damien, un autre volontaire MEP qui est là depuis neuf mois pour une mission de deux ans.
Damien est informaticien. Il travaille pour une école du diocèse a monter un réseau informatique. Il doit aussi donner des cours de conversation anglaise. Il habite dans une maison de prêtres avec eux et un séminariste indonésien. C'est dans cette maison que je suis hébergé. Par chance, Yohanes, le séminariste, parle un peu anglais. Il m'a donné mes premiers cours d'indonésien et m'a aidé a faire mes premiers pas dans ce pays.
Cette semaine s'est très bien passée. De vraies vacances. Ce que je retiendrai le plus, probablement, c'est l'invitation que m'a fait Yohanes à visiter une école dans laquelle il a travaillé l'année dernière. Cette école est située au cœur d'un... bidonville... c'est assez impressionnant quand on y va, mais, vraiment, on en ressort plus humain.

Pour y aller, déjà, il faut d'abord prendre un "carry", un minibus de 9 places dans lequel on peut monter jusqu'à treize, qui sert de taxi collectif, puis un moto-taxi. Trois sur un scooter, normal.
le moto-taxi nous dépose a l'entrée d'un terrain vague qui est parait-il un terrain de foot. De loin, on aperçoit des cabanes et des arbres derrière un gros tas de poubelles.
L'école fait vraiment pitié; elle est tenue par une "suster", manifestement aidée par des laïcs. Une grosse centaine d'élèves (maternelle, primaire), quatre petites classes, un grand préau, un coin "cuisine et sanitaires", une petite salle pour l'intendance, une cour et une grotte, (très) libre interprétation de celle de Lourdes. Le toit est en tôle, les murs en parpaings nus ou en planches. A côté de cette misère, la sœur et les laïcs sont rayonnants, on nous offre de l'eau et du pain, c'est tenu et rangé.
Après l'école, nous sommes allés rendre visite a quelques familles du bidonville. Ce sont des Florès, donc des chrétiens, et ils disent s'être installés ici parce qu'on ne voulait d'eux nulle part. Bien entendu, leur "village" est illégal. C'est surprenant de traverser un bidonville: c'est à la fois éprouvant et révoltant, mais aussi apaisant; les "rues" n'y sont pas tellement plus sales qu'ailleurs, les habitants bien moins sauvages: tous nous sourient et nous disent bonjour... On voit peu d'hommes, la plupart sont au travail; Ils ont des petits boulots ou travaillent comme journaliers. Les enfants jouent, les mères font à manger, la lessive, le ménage. On papote. Plus loin, un vieil homme redresse des clous. Un "métier" classique dans un bidonville. Il les récupère là où il peut, les recycle et les revend.
Une famille nous invite à entrer chez elle. Elle nous offre le thé. C'est un couple avec deux garçons, Gregorius, 6 ans et Hendrikus, 4 ans, ainsi qu'un bébé, Gloria. Pour entrer dans la maison, on se déchausse, par respect. Une porte de placard sert de porte d'entrée. Dans la pièce - 10m2 tout au plus - deux petites fenêtres. L'une seule a des carreaux, l'autre des plastiques à la place. Les murs sont en planches peintes: bleu, rose ou blanc sale. Au sol, un carrelage dépareillé. Le toit est en tôle. Sur les murs, quelques décorations: un grand poster jauni du Bon Berger, un crucifix, une image de la Sainte Vierge, une (la?) photo du mariage, un portrait de famille, un autre de l'évêque. Il y a une ou deux autres petites pièces derrière, mais je n'y suis pas invité. Pas d'eau courante, pas d'électricité (ici il fait nuit tous les jours à 18h15). On m'invite à m'assoir dans un vieux canapé. Il est tout défoncé. On me propose:- Kopi susu atau teh susu? Café ou thé? -Kopi susu, café au lait. Le père joue avec Gloria en me parlant de la pluie et du beau temps. Les enfants jouent sagement; ils sont propres, bien habillés, ont les dents blanches. Gregorius est fier de me montrer qu'il parle anglais: "My name Gregorius; one, two, three..." Le plus jeune est très étonné de voire que j'ai les cheuveux "kuning", jaunes!
Hugo disait de Cosette (à moins que ce ne soit Fantine, je ne sais plus), que "la misère l'avait rendue laide et l'ignorance hargneuse". Ici ce n'est manifestement pas le cas: les enfants sont beaux et très bien élevés.
La mère revient avec deux tasses d'un bon café. Chez les pauvres, on sait recevoir.


Sur la photo, je sors d'un restaurant avec Damien (à droite), Yohanes (en haut), et Sisca, une amie de Damien. C'est une indonésienne. Elle est très sympa, mignonne et elle a un énorme quatre-quatre!!

vendredi 4 juillet 2008

Premières saveurs

Je ne voulais pas mettre ce titre hier, parce que les premières saveurs étaient fort fades: du riz sec et sans rien... Mais aujourd'hui, c'est mieux: Je vous ai laissé ce matin avant le déjeuner. Depuis, j'ai bien et beaucoup mangé: on mange bien dans ce pays! Du riz et du poisson souvent, mais, bien préparé, c'est bon! A midi, on est allé dans un restaurant de fruits de mer, invités par René d'Hui, le prêtre qui prépare les JMJ, dont je parle dans l'article précédent. Il est vraiment marrant. Il est là parce qu'il est parti 7 ou 8 ans comme missionnaire associé avec les MEP, et, dans le cadre des JMJ, il veut faire découvrir quelques Eglises d'Asie aux jeunes de son diocèse, Créteil. Il y avait aussi avec nous le père Jourdain, qui est vraiment un personnage pas banal, à qui il est arrivé une multitude d'aventures dans sa longue vie de missionnaire. Il faudra que je lui fasse un article un jour.
Après le déjeuner, Laurent a continué à me faire faire le tour de Tanjung Pinang en moto. C'est sympa, mais, comme dans beaucoup de pays insulaires, les Indonésiens conduisent du mauvais côté de la route, et au début ça met mal à l'aise: j'ai toujours l'impression qu'on roule à contre sens.
Ce soir on est retourné dans un restau, pour fêter le départ de René, qui part demain pour Singapour. Comme c'est les vacances ici, Laurent va une semaine avec des amis à Bali, et moi je vais demain jusqu'à Jeudi à Batam, l'île d'à côté, pour rendre visite à un volontaire qui travaille là-bas et voire un peu sa mission.
Ah, j'oubliais. Il y a une connexion Internet fiable au foyer, mais d'assez bas débit. Du coup c'est un peu compliqué pour mettre des photos. Je vais faire ce que je peux pour mes illustrations.

Première odeur, première couleur

Ça y est, je suis arrivé. Voyage sans surprise. Le père Henri, missionnaire MEP a Tanjung Pinang est venu me chercher a l'aéroport avec un autre prêtre français, ancien d'Indonésie, qui prépare en ce moment les JMJ pour 240 français du diocèse de Créteil. Un couple de chrétiens de Singapour nous a conduit de l'aéroport au port ou nous avons pris le bateau pour Tanjung Pinang.
Après deux heures de traversée, arrivée tant attendue en Indonésie, de nuit, vers 20h. Première odeur, c'est la même que celle de la malle a déguisements de Kerguelavan! Première couleur, la pénombre, à cause des lampadaires qui ne marchent pas. Et première sensation, la moiteur et l'humidité de l'air.
Le chauffeur de la paroisse est venu nous chercher... en corbillard! Traversée de Tanjung Pinang by night, ville qui semble vivante et agréable, pas particulièrement pauvre, mais ne vivant de (presque) rien. Les grandes rues sont vivantes, il y a une multitude de petites motos et quelques voitures.
Le foyer, en revanche est plus modeste; l'équipement y est très sommaire. Mais c'est propre (en tout cas en ce moment, car les enfants sont en vacances). Je suis accueilli par Laurent, volontaire qui est là depuis deux ans et ne va pas tarder à rentrer en France. On fait le tour du propriétaire: une grande salle, coupée en deux par des armoires, qui sert d'un côté de salle à manger, et de l'autre de salle d'étude, une cuisine, une sorte de "lavoir" qui sert pour la douche des enfants et leur lessive, une chapelle et quelques pièces au rez-de-chaussé. A l'étage, un grand dortoir pour les enfants, des chambres pour les volontaires donnant sur un grand balcon privé qui sert en fait de petit salon. Voilà pour la description dans les grandes lignes. Photos peut-être plus tard.
Le temps est très humide, je me sent collant et sale, c'est pas très agréable. Ce matin, Laurent m'a fait faire un petit tours en ville avec la moto des volontaires; on est allé prendre un petit dej dans une sorte de boulangerie, puis on est allé au presbytères retrouver les deux pères dont j'ai parlé plus haut.
La première impression de l'Indonésie et des indonésiens est positive: cela semble un peuple joyeux, doux, agréable. Un blanc, c'est rare à Tanjung Pinang, donc on ne passe pas toujours inaperçu, mais on ne se fait pas embêter.

mardi 1 juillet 2008

La monnaie indonésienne

La monnaie officielle en Indonésie s'appelle la roupie Indonésienne.
Sa valeur est... pas très élevée: sur la photo, vous pouvez voire le don de 44000 roupies que m'a fait ce matin Olivier, volontaire de retour (qu'il soit remercié au travers de ces lignes!!). Ces billets aux montants élevés, ont une contre valeur d'environ... 3-4€...