lundi 11 août 2008

Le cimetière d'Imogiri

Ce matin, j'ai encore fait une sortie de classe, à Imogiri. C'est une sorte de cimetière ou reposent les sultans javanais que l'on adore encore. Le lieu en lui-même ne représente pas un intérêt extraordinaire, mais ce qui est marrant c'est tout le floklore que l'on met autour. D'abord, il faut être habillé dans la tenue traditionnelle de Java pour pouvoir entrer. On en loue à l'entrée. Ensuite, dans le "sanctuaire", on est pieds-nus, sans bague ni apareil photo, et on peut alors pénétrer dans d'étranges maisons sans fenêtre et avec une porte faisant moins d'un mêtre de haut: une façon d'être obligé de se courber en entrant chez le sultan. Celui-ci repose dans une pièce sans ouverture, éclairé seulement de quelques bougies. On sent des odeurs de parfums, d'encens, et l'on dépose - dans la pénombre - des pétales de fleurs sur sa tombe. L'ambiance est très spéciale. C'est marrant! Dommage que l'on ne puisse pas prendre de photos...

Un mariage catholique à la javanaise

Ça ne vous a pas échappé, je suis depuis maintenant trois semaines sur l'île de Java. Java est l'une des grandes îles de l'Indonésie, qui a gardé une culture propre très forte: le javanais est encore une langue couramment parlée par la population, le "folklore" et les traditions sont très vivaces.
J'ai eu la chance ce week-end de pouvoir être plongé dans l'une de celles-ci, le mariage.
J'ai en effet et été invité par Nicolas, un ancien volontaire MEP, à son mariage avec Siwi, une prof de mon école de langue. Nicolas est français et Siwi indonésienne, javanaise. J'ai donc pu suivre les différents et nombreux rites d'un mariage javanais.

Tout d'abord, Vendredi a eu lieu chez Siwi une grande soirée de prière autour du couple. Jusque là, à part la foi, rien d'extraordinaire.

Samedi après midi, encore chez Siwi, a eu lieu un petit rite assez particulier: autour de quelques invités (seulement les proches et les voisins), les deux mariés ont été aspergés d'eau par leurs parents (un peu près de la même façon que pour un baptême), puis on leur a coupé une mèche de cheveux. C'est une façon de montrer qu'ils se purifient et renoncent à la part de Mal qui est en eux avant de se marier. Après cela, les parents convient tous les invités à venir prendre un bol d'un met très spécial (une sorte de riz gluant qui a un goût de pâté sucré), donné en échange d'une pièce en terre cuite. Là, je n'ai pas très bien compris le sens de ce geste.

Le soir, toujours chez Siwi et avec les mêmes personnes, une autre cérémonie a lieu: On apporte en procession plein de cadeaux fait par les parents du marié à la mariée et aux parents de celle-ci. Le chef du quartier fait un discours, puis les parents des mariés aussi pour se présenter mutuellement officiellement. Durant cette petite cérémonie, on est habillé de façon traditionnelle: superbes vêtements pour Siwi, son mari et leurs parents et chemise en "batik" pour les invités.

Le mariage en lui-même est célébré par un prêtre MEP en indonésien le Dimanche midi lors d'une messe ou sont conviés la famille et les amis proches. Là, le rite est le même qu'en occident, mis à part une belle curiosité: les deux futurs mariés s'agenouillent devant leurs parents et beaux parents pour leur demander devant Dieu leur bénédiction et leur autorisation pour ce mariage.

L'après-midi est libre (le temps en fait que les mariés se changent; il faut plusieurs heures pour coiffer et maquiller la mariée), et le soir une petite fête est donnée ou là plein de monde est invité. Si on était une quarantaine Samedi et une soixantaine à la messe, il parait qu'il y avait mille personnes à cette réception. Celle-ci débute à 18h30 et se termine à 20h30. Rien à voire avec chez nous: ici on vient, on paie sa contribution à l'entrée, on fait le queue pour saluer les mariés et leurs parents qui sont habillés dans des costumes superbes, on mange au buffet (bon, d'ailleurs, mais sans extravagance), puis on part. C'est tout. Pas de nuit de fête, de dîner extraordinaire... Mais la beauté des costumes et des décors suffit à rendre ce moment magnifique!

mercredi 6 août 2008

Sortie de classe

Comme on a été sage en classe, la maîtresse a organisé une sortie. On est parti ce matin à trois classes (c'est à dire trois élèves), pour visiter Borobudur.
Borobudur, c'est l'un des plus grands (si ce n'est le plus grand) monument bouddhique du monde. Il a été construit il y a fort longtemps, et, après une longue période d'abandon, et de ruine progressive, il a été restauré par l'Unesco au XXe siècle. Ce qu'on peut voire, maintenant, c'est une sorte d'immense pyramide à la base carrée et au sommet rond, décorée de 500 fresques décrivant la vie de Siddhartha. Vous connaissez pas ce mec???? Pourtant il est hyper connu; son nom de scène, c'est l'éveillé, le Bouddha. lol. Je vous passe toutes les explications historiques sur le monument et philosophiques sur le Bouddha, vous trouvez tout ce que vous voulez sur Internet.
Sinon, ce soir j'ai fait quelques courses de bouquins: je me suis acheté une photo du Paus, une biographie-BD de Saint Tarsisius pour le foyer, et une Bible en Indonésien. Je sais, je suis trop ambitieux; et d'autant plus que j'ai feuilleté des livres d'indonésien niveau CP-CE1 et que j'aurais même pas eu 10/10 si la maîtresse m'avait demandé de faire les exercices...
Je me suis aussi acheté des tongs:

lundi 4 août 2008

Une photos, des gens

Comme c'est très demandé, voici une photo. C'est celle du groupe M.E.P. en Indonésie durant la retraite. Je ne présente pas tout le monde. Je dis juste qu'il y a sept prêtres, deux couples, que les religieuses ne sont pas des M.E.P., que celle habillée en trappistine est celle qui nous a prêchée la retraite, que celui qui met ses lunettes c'est le père Henri de Tanjung Pinang, là où est ma mission.

dimanche 3 août 2008

Photos

J'ai rajouté quelques photos sur des articles anciens. Pour les consulter, descendre sur la page. Pour mieux les voire, double-cliquer dessus.

Déjà un mois...

Hier, en rangeant quelques papiers dans ma chambre, j'ai retrouvé mon passeport, je l'ai ouvert, et, surpris, j'ai pris conscience que cela fait exactement un mois maintenant que je suis arrivé en Indonésie. Je n'ai vraiment pas vu le temps passer. Il est vrai que j'ai pas mal bougé (Tanjung Pinang, Batam, retraite, Yogya). Probablement qu'une fois les cours terminés et installé réellement au foyer le temps avancera enfin moins vite. Je dis enfin, car les heures filent et donnent l'impression que je ne fais que survoler les choses que je voudrai connaître en profondeur. A la fois c'est bien, puisque ça veut dire que je me plaît ici, mais en même temps, c'est frustrant: il y a des gens que je ne croiserai plus et avec qui je n'ai pas pu avoir tous les échanges que j'aurais voulu...
Je ne reviens pas sur les trois premières semaines. Les articles précédents suffisent. Cela fait maintenant une semaine que je suis les cours intensifs de langue dans une école spécialisée qui accueille surtout des occidentaux (Français, Anglais, Néerlandais, Américains). Un rythme se prends, qui devient routine agréable: lever matinal, douche - froide, ici il n'y a pas d'eau chaude - , laudes puis messe avec les séminaristes, petit déjeuner, quinze minutes de vélo pour aller à l'école, cours jusque quinze heures, puis reste de la journée libre: soit je me joins aux autres élèves de l'école pour une activité (on doit être tout au plus une quinzaine), soit, le plus souvent, je rejoins les séminaristes dans leurs activités dans et autour du séminaire. C'est l'occasion de parler indonésien avec des jeunes toujours prêts à m'aider à mieux m'exprimer. D'ailleurs, mon expression s'améliore. Mon vocabulaire s'enrichit: maintenant je peux m'exprimer correctement pour les besoins de la vie courante. Mais je ne maîtrise que les bases de la langue; je ne peux pas nuancer mon propos ni exprimer toutes mes idées, j'en suis encore même loin. De leur côté aussi les séminaristes, maîtrisant le plus mal le globish ne peuvent pas me dire tout ce qu'ils veulent. C'est frustrant mais ça motive d'autant plus pour travailler...
Cette semaine, donc, mise à part le cours, je suis allé au marché local. Ce n'est finalement pas très dépaysant, les marchés français, s'ils sont plus propres, restent assez similaires. J'ai aussi testé plein de trucs à manger, plus ou moins bons, mais dans l'ensemble les surprises sont bonnes. Il faudra d'ailleurs que je fasse un jour un article rien que sur les jus de fruits qui à eux seuls justifient un voyage depuis Paris ;-) Je suis aussi allé visiter le centre touristique de la ville - le "Kraton" - qui est un quartier dans lequel vit un ancien Sultan. Je n'ai pas très bien compris quel est son rôle politique actuellement, mais en tout cas c'est un personnage très respecté de la population, et qui doit avoir une influence sur la vie de la région. Cette après-midi, je dois encore aller à Malioboro, un autre quartier de la ville.
On m'a demandé de mettre plus de photos. Je vais faire mon possible pour ça, mais le "haut débit indonésien" n'est pas très haut...

mardi 29 juillet 2008

Nouvelle rubrique

Sur la colonne de droite, je viens d'ouvrir une nouvelle rubrique à consulter illico: des liens vers des blogs passionnants!

Dépêche AFP: Ils meurent après avoir bu de l'alcool

Attention Anne-Charlotte et Gwénolé, votre mission est à haut risque. La Papouasie, c'est mortel!

Source : AFP
29/07/2008
Au moins quinze Thaïlandais et un Indonésien sont morts après avoir bu une boisson locale composée d'alcool et de graisse de porc en Papouasie occidentale, ont annoncé des responsables.
Les victimes, des marins, ont absorbé le breuvage lors d'une escale dans le port de Merauke, dans l'est de l'archipel, a indiqué à l'AFP Nick Tobing, porte-parole de l'ambassade de Thaïlande à Jakarta.
"Ils ont fait une fête sur le bateau, avec une liqueur locale contenant de l'alcool avec d'autres substances. Peut-être était-ce trop fort ou ont-ils trop bu", a-t-il déclaré. Au moins une dizaine de bateaux de pêche étaient amarrés à Merauke, a-t-il précisé.
Un Indonésien qui a bu le breuvage est décédé et une cinquantaine de personnes ont été hospitalisées, selon Petrus Tjia, directeur de l'hôpital général de la ville.
Les scandales liés à la mauvaise qualité des produits alimentaires ne sont pas rares en Indonésie où les boissons artisanales, souvent censées procurer de la force, y sont très répandues.

Contempler et agir

Il y a quelques mois je suis allé à Vézelay avec les MEP (cf. les vieux messages). Au retour, on m'a demandé d'écrire un article pour le journal des volontaires et anciens volontaires MEP, la Mepnews. Celle-ci vient de paraître, voici donc pour tous ceux qui n'ont pas la chance d'y être abonné, l'article:

Quand l'on m'a dit qu'avant de partir en mission la formation dispensée par les MEP comprenait un pèlerinage à Vézelay, je n'en ai pas compris le sens. Et quand j'ai appris qu'il s'agissait de marcher avec des religieux de communautés nouvelles, et en particulier avec les fraternités monastiques de Jérusalem, j'ai encore plus été surpris. Pourquoi donc une vieille institution missionnaire – 350 ans tout de même – tenait-elle tant à ce que ses volontaires marchent deux jours avec de jeunes contemplatifs? Ça me dépassait un peu...

J'ai donc entamé ma marche, heureux certes de ce moment privilégié de foi, mais sans en comprendre véritablement le sens. Cela fut d'abord la veillée de prière à Saint Gervais. Les très belles mélodies des Fraternités m'ont vite fait entrer – et tous les pèlerins avec moi - dans une prière sincère et recueillie. Puis, trop rapidement, chacun est reparti, emportant l'un des sept dons de l'Esprit Saint sur un papier pour guider sa marche du lendemain.

Comme tout voyage, le trajet en car reste un moment classique de découverte: du thème du pélé, des autres volontaires, des autres pèlerins... Puis, après un petit temps de marche et une messe célébrée dans une jolie petite église de campagne, les ventres affamés des marcheurs furent enfin rassasiés. Le temps – a peine – de se reposer et de découvrir aux travers de témoignages l'oeuvre de Jean Vanier, et nous voilà déjà repartis sur la route en méditant un bel extrait de la lettre de Paul aux Galates: « [...]Rendez-vous par la charité serviteurs les uns des autres [...] » (5- 13,18). J'ai enfin cru y déceler quelque chose qui pourrait conduire nos pas de pèlerins-volontaires MEP: Ne part-on pas – un peu – pour être serviteur de nos frères en Asie et dans l'océan Indien?

Au crépuscule, après la montée vers la basilique, Jean Vanier nous a un peu parlé de sa vie et de son oeuvre. Je retiens de cet enseignement la question d'Éric, lourdement handicapé: « Qu'est-ce qui fait que je suis aimable? Suis-je important pour quelqu'un? Quelqu'un m'aime t-il? » Là encore le lien avec la mission MEP m'est apparu: partir loin servir le plus petit, le plus faible, le plus pauvre ou le plus handicapé, n'est-ce pas lui dire : « Oui, je t'aime, tu as de la valeur pour moi. J'ai fais tout ce long voyage pour toi, pour te le dire. Et Dieu aussi t'aime! Infiniment plus que moi! Tu es irremplaçable pour Lui! ». Et je me suis dit que si au moins une personne pouvait prendre réellement conscience de cela, alors ma mission serait gagnée!

De la journée du Dimanche ma mémoire retiens d'abord ces Laudes, superbes, devant les merveilles de la création. « Dieu vit tout ce qu'il avait fait: cela était très bon » (Gen1, 31). La messe d'envoi en mission et l'homélie de Monseigneur Patenôtre a elle aussi retenu mon attention dans la définition qu'il donne de la Gloire. « La Gloire, ce n'est pas celle de ta naissance, de tes diplômes, de tes habits. Non, c'est d'entrer dans sa gloire à Lui, entrer dans cette passion d'amour. [...] Cette gloire là, ce n'est pas de la gloriole, c'est la gloire d'engager sa vie jusqu'au bout. » Voilà un programme loin de tout vedettariat et sur-mesure pour des apprentis missionnaires!

Ce n'est finalement qu'en rentrant que j'ai compris le sens de ce pèlerinage: marcher avec des contemplatifs signifie que pour agir juste, il faut inscrire nos actes dans l'amour du Christ par la contemplation. Marcher avec des communautés nouvelles, c'est parce que l'Église est jeune!

La maîtresse est très gentille!

Depuis hier, je suis retourné à l'école. J'apprends l'indonésien. J'ai trois semaines et 90 heures de cours pour maîtriser le mieux possible les structures de la langue et prendre possession d'un vocabulaire totalement étranger. Chaque semaine j'ai trente heures de cours particuliers avec trois fois deux heures par jour et à chaque fois un professeur différent. Ça permet de changer les approches, les pédagogies, de ratisser large et de passer deux couches là ou c'est pas clair. C'est donc au pas de course que l'on avance. J'ai parfois du mal à suivre: c'est pas facile de se remettre au niveau de l'enfant, de ré-apprendre à lire l'heure, à dire droite et gauche, à faire des phrases débiles pour comprendre les négations, de réciter les chiffres et les jours de la semaine comme au CP.
C'est un peu humiliant, mais bon, c'est bien pour l'humilité: Ce matin, j'ai par exemple interviewé trois secrétaires de l'école pour leur dire: « Bonjour, à quelle heure vous êtes-vous levés ce matin? A quelle heure avez-vous pris votre petit déjeuner? A quelle heure êtes-vous partis au travail? A quelle heure avez-vous commencé à travailler? A quelle heure rentrerez-vous chez vous? Merci! Au revoir! » Il y a quand même plus glamour comme interview...
Depuis deux jours, je suis censé maîtriser: la présentation, les chiffres (j'ai beaucoup de mal), les négations, la situation dans le temps et dans l'espace (ici, là, ceci, cela, maintenant, hier, après demain, dans trois ans, le 2 mars,...) les couleurs, le vocabulaire de la nourriture (Très important! On a joué à la marchande), les questions, l'heure (là, je saturais, c'est peu rentré...). Plus plein de vocabulaire.
A l'école de langue, outre le couple de volontaire MEP dont j'ai déjà parlé, il y a des élèves du monde entier. Des jeunes. Du coup, on retrouve une ambiance un peu occidentale. Mais comme on est tous en cours particuliers, on ne se croise qu'aux poses et on ne peut du coup pas trop lier d'amitiés.

Demain, vous le savez tous, c'est l'ascension. Si, si, cette année l'ascension est le 30 juillet. Pas celle du Christ, évidement, celle du Prophète. Vous saviez que lui aussi avait son ascension? Moi, non. C'est un peu un copieur. Ce qui est bien, du coup, c'est que c'est férié. Pas d'école. Je vais donc pouvoir un peu visiter Yogya.

dimanche 27 juillet 2008

Retraite et cours de langue

Voilà maintenant plusieurs jours que je n'ai plus écris de message: j'étais, avec les volontaires et missionnaires MEP de toute l'Indonésie, en retraite dans un monastère de trappistines. Celui-ci, sur un volcan de l'île de Java,a été fondé il y a 21 ans par son actuelle supérieure. Il abrite une communauté d'une quarantaine de sœurs, souvent encore jeunes, dont une quinzaine de novices: ça change des "monastères-maisons-de-retraite" si courants en France. La mère supérieure, une New-Yorkaise, nous a prêché la retraite et a parlé - en français - du sacerdoce, de la mission, du sens de d'une retraite, de la lectio divina, du service, de l'amour, bref, de plein de choses.
Mais le mieux, à mon sens, a été de rencontrer les volontaires et de faire leur connaissance: Il y a Damien, dont j'ai déjà parlé, Myosotis, une volontaire qui fait un job assez similaire au mien, mais avec des enfants plus jeunes, niveau primaire. Elle travaille vraiment dans des conditions difficiles: pas d'électricité, pas d'eau courante, loin des villes, beaucoup d'enfants à gérer... Elle a même trouvé un serpent et une mygale chez elle... Elle a beaucoup de mérite. Plus loin de chez moi, au Lampung, Claire fait tout un travail dans une université. Et encore plus loin, en Papouasie, Renaud et Fanny viennent de terminer leur mission d'un an comme professeurs d'anglais dans un petit séminaire. Ils sont remplacés par un autre couple qui vient tout juste d'arriver: j'aurai probablement l'occasion d'en parler, puisqu'ils vont suivre les cours de langue en même temps que moi.
Avec nous faisaient aussi retraite les missionnaires: Henri, Paul, Jean, Jo, Vincent et Jean-François qui n'est en fait là que pour l'été puisqu'il fait encore des études. Le père Antoine de Monjour est venu de Paris pour les visiter. Ils ont tous des histoires de missionnaires, plus folles les une que les autres à raconter: untel qui s'est un jour couché sans remarquer le serpent sous son oreiller, tel autre qui a eu un enfant de chœur dévoré par un tigre au Vietnam, ... De vrais missionnaires à l'ancienne!
Des moments forts d'échanges des joies et difficultés de chacun. Cette semaine a aussi été l'occasion de sortir de la moiteur de Tanjung Pinang: sur les volcans il fait en ce moment très sec, et la nuit, froid. Il n'y a pas de moustiques. Ça change. Belles balades, des rencontres.

Voila pour la semaine passée.
Mais, depuis Jeudi soir, j'ai terminé cette retraite et suis arrivé à Yogyjakarta, toujours sur l'île de Java: Je vais prendre trois semaines de cours de langue avec 30h de cours particuliers par semaine: un vrai taf; fini les vacances... Yogya est une ville assez grande (de l'ordre du million d'habitants), très universitaire. Son Histoire est riche et elle recèle quelques trésors magnifiques: j'en ferai probablement un ou deux articles.
Je suis hébergé dans le séminaire de la compagnie du Sacré Coeur de Jésus (enfin, je crois que c'est ça) qui a été fondée par un Français de Saint Quentin. Pour le moment le séminaire est presque vide; ses occupants sont eux aussi en retraite. Du coup c'est très (peut être même trop) calme. Seuls deux séminaristes servent de gardiens. Mais ce qui est bien, c'est qu'ils s'occupent de moi: on parle, ils me montrent le chemin pour aller en vélo à l'école (à l'aller c'est facile: ça descend, mais au retour, je crois que je brulerai un peu des graisses accumulées durant la semaine...), me présentent leurs amis... J'ai quand même hâte de commencer l'école demain matin!

jeudi 17 juillet 2008

Semaine de rentrée, lancer de chat & autres brèves

Voila maintenant quatre jours que les jeunes sont rentrés à l'école. Le foyer se met doucement en route, chacun prend ses marques, les habitudes reprennent. Je commence a découvrir les caractères de chacun: les grandes gueules se font repérer en premier. Il y a aussi les minets: ils viennent souvent dans le bureau parce que c'est là qu'il y a le seul miroir - cassé - de tout le foyer. Il y a aussi les rebelles. Ils sont encore discrets. Il y a des timides, des bruyants, des sportifs, des crâneurs, des contemplatifs, des presque-autistes, de tout, quoi!
Pour un volontaire, une journée normale commence a 4h50 avec le lever du dortoir. C'est tôt, mais de toute façon chacun est déjà plus ou moins éveillé depuis 4h30 a cause de (grâce à?) la prière chantée par le muezzin. Entendre plusieurs fois par jour la cacophonie des mosquées du quartier diffusée par des hauts parleurs d'encore plus mauvaise qualité que ceux des Mac Drive m'a au début cassé les oreilles. Maintenant je m'y fait, ça rythme ma journée, et je me dit que c'est quand même beau de s'arrêter, comme ça, au milieu de ses activités plusieurs fois par jour pour prier.
Après le lever, chacun prend sa douche, rapidement, pour évacuer la sueur collante de la nuit. La messe commence a 5h30, quand il fait encore nuit. Le lever du soleil, à la même heure tout les jours, est exactement au moment de la consécration. Un beau symbole!
Après on prend le petit déjeuner, café ou thé a l'indonésienne (c'est à dire très très sucré), avec du riz généralement frit.
Les petits partent ensuite au collège - a vingt mètres du foyer - à 7h, pendant que les grands ont une heure d'étude. Le reste de la matinée est consacrée aux diverses taches des volontaires (la compta demande beaucoup d'efforts). On déjeune quand les collégiens rentrent, généralement a 12h30.
Après avoir fait une permanence dans le bureau-des-pleurs-infirmerie-banque-labo-photo-salon-de-réception-procure-générale-bibliothèque-salle-de-téléphone-salon-
de-coiffure-chambre-d'amis-salle-de-musique qu'est le bureau des volontaires, on peut enfin souffler de 14h00 a 16h00 quand les lycéens partent en cours. Théoriquement c'est la sieste. Mais, a cause des multiples appels "Mister! Mister!" des collégiens qui font autre chose que dormir, on ne se repose pas tant que ça. Enfin, ça va quand même.
A 16h00, le foyer s'anime de nouveau: c'est le ménage. Certes il n'est pas toujours très bien fait, mais bon, au moins ici, ce sont les enfants qui tiennent la maison. Puis c'est re-douche, étude et jeux jusqu'au dîner de 19h00. Comme à midi, c'est toujours du riz, avec une touche de légumes, du piment et du poisson. Parfois une mini-banane ou un fruit. Un jour je vous décrierai leur façon de manger qui est... dépaysante.
Après le diner, c'est re-étude, jusqu'à la prière du soir, vers 21h00: le plus souvent une lecture de l'Évangile du lendemain commentée par Hiro, le directeur du foyer.
Enfin, les enfants se couchent, et on est tranquille: discutions (et dégustation de charcuterie, fromages, vins français...) entre volontaires et directeur du foyer sur la vie de celui-ci, ses problèmes, ses projets...
On ne se couche pas très tard.

Ce qui me frappe, de cette première semaine, c'est la relativement grande autonomie des enfants: à 11 ans ils couvrent eux mêmes leurs livres, sans aide, lavent leur linge, se lavent les dents sans qu'on leur demande, font le ménage et la vaisselle... Ils sont beaucoup plus autonomes qu'en France. Mais ils ne font pas moins de bêtises.

Autres brèves:

  • L'électricité marche ici selon un courant alternatif: on alterne les moments de la journée avec et sans électricité de façon aléatoire. Quand une coupure a lieu durant la journée, c'est pas gênant, mais le soir, si ça fait drôle le premier jour c'est beaucoup moins marrant après... Le père Henri m'a expliqué qu'ils coupent le courant par ce qu'il n'y a pas assez de fuel: les employés de la centrale le piquent pour le revendre en douce. Classique.

  • Il y a beaucoup de chats qui trainent dans le foyer. Certain s'aventurent sur le balcon des volontaire, lieu dont la privacite (ça se dit??) est au combien sacrée! Ils sont téméraires: leur présence m'agace (quoi que mon co-volontaire m'a dit que grâce a eux il n'y a plus de souris), et du coup je les attrape par la peau du cou et les balance par dessus le balcon. Je peux confirmer qu'il est faux de dire qu'un chat retombe toujours sur ses pattes: ça tombe le plus souvent comme une crotte. Il y en a d'ailleurs un petit qui s'est casse une patte. Le pauvre, il boite.

  • Mardi soir, après l'heure de coucher les enfants, on a trouvé un serpent noir d'un petit mètre dans leurs toilettes. Ça a mis le bordel et de l'excitation pendant au moins une demie heure. Difficile de les recoucher après.

  • Hier, Emmanuel, un ancien volontaire (d'il y a dix ans) est passé "en voisin" de retour de Camberra. Il organise les messes du Jour du Seigneur et Dimanche dernier, il y en avait une pour les JMJ. Elle est visible sur le site du Jour du Seigneur.

  • Demain, je pars a cinq heure (du matin, naturellement) en avion avec le pere Henri a Jakarta pour la retraite annuelle des missionnaires et volontaires MEP en Indonésie. Je pourrai enfin découvrir les autres volontaires et leur mission. La retraite sera prêchée par une américaine; je ne sais pas si ce sera en francais ou en anglais. Elle parlera du sacerdoce, de la mission et de la lectio divina. Après je vais directement trois semaines prendre des cours d'indonésien. Je ne sais pas si j'aurai accès à Internet a ma guise, donc ne vous inquiétez pas de mon possible silence.

mardi 15 juillet 2008

L'Indonésie reconnaît son rôle dans les massaces au Timor-Oriental en 1999

D'après lemonde.fr

Les présidents indonésien et est-timorais ont reçu, Mardi 15 juillet, un rapport concluant à la "responsabilité institutionnelle" de Djakarta dans les "crimes contre l'humanité" commis en 1999 au Timor-Oriental et dit en "accepter" les conclusions. Le rapport s'appuie sur une enquête menée par la commission Vérité et Amitié, une commission de réconciliation mise en place conjointement par les deux Etats.

En 1999, le Timor-Oriental avait massivement voté pour l'indépendance, après vingt-quatre ans sous occupation indonésienne. Une flambée de violences avait alors vu des milices paramilitaires appuyées par l'armée indonésienne tuer plus de mille personnes, tandis que de nombreuses autres avaient été torturées, violées ou déplacées.

"CAMPAGNE ORGANISÉE DE VIOLENCES"

Jusqu'à présent, Djakarta affirmait que son armée n'avait pas participé aux violences et que celles-ci étaient le fait d'individus isolés. Mais selon le rapport, l'armée, la police et le gouvernement ont "coopéré de façon constante et systématique avec les milices". La commission accuse de hauts responsables militaires d'avoir fourni des fonds, des armes et une aide opérationnelle aux milices pour neutraliser les partisans de l'indépendance. Le rapport parle ainsi de "campagne organisée de violences" et souligne que l'Indonésie porte "une responsabilité d'Etat" dans les exactions.

Le texte souligne par ailleurs la responsabilité de plusieurs groupes indépendantistes timorais, accusés de violations des droits de l'homme.

Selon le ministère des affaires étrangères indonésien, Djakarta était "dans l'obligation morale" d'accepter les conclusions de ce rapport, commandé par le chef d'Etat indonésien lui-même et qui "représente une approche consistant à aller de l'avant (...) dans une perspective de réconciliation". Sans présenter d'excuses formelles, le président Susilo Bambang Yudhoyono a "fait part de son très profond regret concernant des faits qui ont provoqué des morts et des dommages matériels".

DOUTES SUR LES SUITES DU RAPPORT

La commission Vérité et Amitié fait toutefois l'objet de plusieurs critiques. Si elle souligne la responsabilité des institutions, la commission ne dit pas qui, dans ces institutions, a participé aux exactions. Elle ne peut donc assigner devant un tribunal les criminels de guerre toujours impunis et ne répond pas à la demande des victimes et du clergé catholique timorais de mettre en place une cour de justice internationale.

La remise de ce rapport, qui ne recommande aucune amnestie ou réhabilitation, n'exclut cependant pas la tenue d'un procès. Pour l'une des responsables de l'enquête, citée par la BBC, la commission pourrait même en favoriser le déroulement, grâce aux nombreux témoignages d'auteurs présumés des exactions et de victimes. Par ailleurs, en mettant l'accent sur le rôle structurel des institutions militaires, le rapport pourrait poser les premiers jalons d'une réforme de l'armée indonésienne.

Rentrée scolaire

Le 14 juillet, c'est bien connu, c'est la rentrée des classes. En Indonésie, les "grandes" vacances durent deux semaines... Les enfants ont donc rejoint le foyer. En fait, ils arrivent au compte-goutte depuis Vendredi. Dimanche sont arrivés les nouveaux accompagnés par leur famille.
Pour "fêter" leur rentrée au lycée, les grands ont eu droit à un examen hier matin, tôt... Ils se sont levés à 4h30. Pour les autres, et pour les volontaires aussi, le Lundi est jour de grasse mat': la messe n'est pas célébrée au foyer, donc on peux dormir jusqu'à 6h00! Bagus! Puis, dans la journée, le foyer n'est jamais vraiment vide: les petits vont au collège le matin et les grands au lycée l'après midi, donc il y a toujours du monde, de la vie, du bruit.
Je n'ai que cette semaine de tuilage avec le volontaire que je remplace: il me faut donc tout apprendre en quatre jours, ce qui n'est pas facile: organisation de l'emploi du temps, règles de vie du foyer, cas particuliers à connaître, situation géographique des différents endroits de la ville (supermarché, magasins, marché, banque, lycées, maison d'un paroissien qui poste notre courrier de Singapour, garage, dispensaire, presse, station service...). On fait tout en moto, au pas de course. Je crois qu'on n'aura que le temps de voire l'essentiel, mais pas d'entrer dans les détails.
Je vais prendre aussi en charge la gestion de la comptabilité du foyer: un ÉNORME sac de nœuds dans lequel je vais essayer de mettre un peu d'ordre. C'est pas gagné. Je ferai un article quand je comprendrai un peu mieux.
Le soir, après le dîner, chaque élève s'est présenté à ses pairs. Moment de rigolade. Puis ce fut au tour des volontaires. J'y ai pas coupé. En Indonésien, s'il vous plaît!
Dans la rubrique connaissance de l'Indonésie, savez-vous qu'il est presque impossible de trouver un tire-bouchon sur mon île? Hier au supermarché, ils vendaient du vin dans des bouteilles avec bouchon de liège, mais pas moyen de mettre la main sur un tire bouchon; ils n'en avaient pas. Pas très pro. Comment font-ils pour ouvrir le vin de messe?
Voilà pour hier.

Les lycéens dont je vous ai parlé plus haut sont arrivés en retard à l'école hier... Pour les punir, leurs profs les ont convoqués encore plus tôt aujourd'hui. Pour s'assurer qu'ils se lèvent il a donc fallu que les volontaires s'y collent. Du coup, lever: 4h00!! Avant même le muezzin.
Puis, pour la messe de 5h30, il a fallu de nouveau se lever, une heure plus tard.
Voilà, bonne journée!

lundi 14 juillet 2008

Ca y est, c'est fait!

Ça y est, j'en ai mangé!
Je suis allé déjeuner au presbytère et en plat principal (et en fait unique), j'ai mangé du chien! D'apparence, ça n'a rien de particulier; c'est une viande très banale. Même le missionnaire a demandé confirmation à la cuisinière pour être certain qu'il s'agissait bien de chien. Pour le goût, c'est la même chose; ça n'a goût que de la sauce... Pour la texture, c'est un peu élastique; la peau fait caoutchouteuse.
Voilà, vous savez tout sur le chien; vous pouvez maintenant en manger avec le sourire!

dimanche 13 juillet 2008

Claude Gueux

Je viens à l'instant de terminer Claude Gueux de Hugo.
En ne remplaçant que le troisième mot (France) par Indonésie, je trouve que le passage suivant, qui date pourtant de 1834, est particulièrement d'actualité dans ce pays:
"Quand l'Indonésie saura lire, ne laissez pas sans direction cette intelligence que vous aurez développée. Ce serait un autre désordre. L'ignorance vaut encore mieux que la mauvaise science. Non. Souvenez-vous qu'il y a un livre plus philosophique que le Compère Mathieu, plus populaire que le Constitutionnel, plus éternel que la Charte de 1830. C'est l'Ecriture Sainte. Et ici, un mot d'explication. Quoi que vous fassiez, le sort de la grande foule, de la multitude, de la majorité, sera toujours relativement pauvre, et malheureux et triste. A elle le dur travail, les fardeaux à pousser, les fardeaux à traîner, les fardeaux à porter. Examinez cette balance: toutes les jouissances dans le plateau du riche, toutes les misères dans le plateau du pauvre. Les deux parts ne sont-elles pas inégales? La balance ne doit-elle pas nécessairement pencher, et l'État avec elle? Et maintenant, dans le plateau du pauvre, dans le plateau des misères, jetez la certitude d'un avenir céleste, jetez l'aspiration au bonheur éternel, jetez le paradis, contre-poids magnifique! Vous rétablissez l'équilibre. La part du pauvre est aussi riche que la part du riche. C'est ce que savait Jésus qui en savait plus long que Voltaire.
[...] Donc, ensemencez les villages d'évangiles. Une Bible par cabane. Que chaque livre et chaque champ produisent à eux deux un travailleur moral."
D' après Victor Hugo, Claude Gueux

jeudi 10 juillet 2008

Semaine d'integration

Depuis quelques jours, je n'ai plus rien publié, parce que je n'étais plus au foyer, et n'avais pas accès a Internet a ma guise. J'ai en effet passé quelques jours a Batam, l'autre "grande" ile indonésienne a coté de Singapour, juste a l'ouest de Tanjung Pinang. Le foyer est en vacances, donc, le temps de m'acclimater au pays, de commencer a apprendre un peu quelques rudiments de la langue, et a me faire a la vie indonésienne, j'ai été accueilli par Damien, un autre volontaire MEP qui est là depuis neuf mois pour une mission de deux ans.
Damien est informaticien. Il travaille pour une école du diocèse a monter un réseau informatique. Il doit aussi donner des cours de conversation anglaise. Il habite dans une maison de prêtres avec eux et un séminariste indonésien. C'est dans cette maison que je suis hébergé. Par chance, Yohanes, le séminariste, parle un peu anglais. Il m'a donné mes premiers cours d'indonésien et m'a aidé a faire mes premiers pas dans ce pays.
Cette semaine s'est très bien passée. De vraies vacances. Ce que je retiendrai le plus, probablement, c'est l'invitation que m'a fait Yohanes à visiter une école dans laquelle il a travaillé l'année dernière. Cette école est située au cœur d'un... bidonville... c'est assez impressionnant quand on y va, mais, vraiment, on en ressort plus humain.

Pour y aller, déjà, il faut d'abord prendre un "carry", un minibus de 9 places dans lequel on peut monter jusqu'à treize, qui sert de taxi collectif, puis un moto-taxi. Trois sur un scooter, normal.
le moto-taxi nous dépose a l'entrée d'un terrain vague qui est parait-il un terrain de foot. De loin, on aperçoit des cabanes et des arbres derrière un gros tas de poubelles.
L'école fait vraiment pitié; elle est tenue par une "suster", manifestement aidée par des laïcs. Une grosse centaine d'élèves (maternelle, primaire), quatre petites classes, un grand préau, un coin "cuisine et sanitaires", une petite salle pour l'intendance, une cour et une grotte, (très) libre interprétation de celle de Lourdes. Le toit est en tôle, les murs en parpaings nus ou en planches. A côté de cette misère, la sœur et les laïcs sont rayonnants, on nous offre de l'eau et du pain, c'est tenu et rangé.
Après l'école, nous sommes allés rendre visite a quelques familles du bidonville. Ce sont des Florès, donc des chrétiens, et ils disent s'être installés ici parce qu'on ne voulait d'eux nulle part. Bien entendu, leur "village" est illégal. C'est surprenant de traverser un bidonville: c'est à la fois éprouvant et révoltant, mais aussi apaisant; les "rues" n'y sont pas tellement plus sales qu'ailleurs, les habitants bien moins sauvages: tous nous sourient et nous disent bonjour... On voit peu d'hommes, la plupart sont au travail; Ils ont des petits boulots ou travaillent comme journaliers. Les enfants jouent, les mères font à manger, la lessive, le ménage. On papote. Plus loin, un vieil homme redresse des clous. Un "métier" classique dans un bidonville. Il les récupère là où il peut, les recycle et les revend.
Une famille nous invite à entrer chez elle. Elle nous offre le thé. C'est un couple avec deux garçons, Gregorius, 6 ans et Hendrikus, 4 ans, ainsi qu'un bébé, Gloria. Pour entrer dans la maison, on se déchausse, par respect. Une porte de placard sert de porte d'entrée. Dans la pièce - 10m2 tout au plus - deux petites fenêtres. L'une seule a des carreaux, l'autre des plastiques à la place. Les murs sont en planches peintes: bleu, rose ou blanc sale. Au sol, un carrelage dépareillé. Le toit est en tôle. Sur les murs, quelques décorations: un grand poster jauni du Bon Berger, un crucifix, une image de la Sainte Vierge, une (la?) photo du mariage, un portrait de famille, un autre de l'évêque. Il y a une ou deux autres petites pièces derrière, mais je n'y suis pas invité. Pas d'eau courante, pas d'électricité (ici il fait nuit tous les jours à 18h15). On m'invite à m'assoir dans un vieux canapé. Il est tout défoncé. On me propose:- Kopi susu atau teh susu? Café ou thé? -Kopi susu, café au lait. Le père joue avec Gloria en me parlant de la pluie et du beau temps. Les enfants jouent sagement; ils sont propres, bien habillés, ont les dents blanches. Gregorius est fier de me montrer qu'il parle anglais: "My name Gregorius; one, two, three..." Le plus jeune est très étonné de voire que j'ai les cheuveux "kuning", jaunes!
Hugo disait de Cosette (à moins que ce ne soit Fantine, je ne sais plus), que "la misère l'avait rendue laide et l'ignorance hargneuse". Ici ce n'est manifestement pas le cas: les enfants sont beaux et très bien élevés.
La mère revient avec deux tasses d'un bon café. Chez les pauvres, on sait recevoir.


Sur la photo, je sors d'un restaurant avec Damien (à droite), Yohanes (en haut), et Sisca, une amie de Damien. C'est une indonésienne. Elle est très sympa, mignonne et elle a un énorme quatre-quatre!!

vendredi 4 juillet 2008

Premières saveurs

Je ne voulais pas mettre ce titre hier, parce que les premières saveurs étaient fort fades: du riz sec et sans rien... Mais aujourd'hui, c'est mieux: Je vous ai laissé ce matin avant le déjeuner. Depuis, j'ai bien et beaucoup mangé: on mange bien dans ce pays! Du riz et du poisson souvent, mais, bien préparé, c'est bon! A midi, on est allé dans un restaurant de fruits de mer, invités par René d'Hui, le prêtre qui prépare les JMJ, dont je parle dans l'article précédent. Il est vraiment marrant. Il est là parce qu'il est parti 7 ou 8 ans comme missionnaire associé avec les MEP, et, dans le cadre des JMJ, il veut faire découvrir quelques Eglises d'Asie aux jeunes de son diocèse, Créteil. Il y avait aussi avec nous le père Jourdain, qui est vraiment un personnage pas banal, à qui il est arrivé une multitude d'aventures dans sa longue vie de missionnaire. Il faudra que je lui fasse un article un jour.
Après le déjeuner, Laurent a continué à me faire faire le tour de Tanjung Pinang en moto. C'est sympa, mais, comme dans beaucoup de pays insulaires, les Indonésiens conduisent du mauvais côté de la route, et au début ça met mal à l'aise: j'ai toujours l'impression qu'on roule à contre sens.
Ce soir on est retourné dans un restau, pour fêter le départ de René, qui part demain pour Singapour. Comme c'est les vacances ici, Laurent va une semaine avec des amis à Bali, et moi je vais demain jusqu'à Jeudi à Batam, l'île d'à côté, pour rendre visite à un volontaire qui travaille là-bas et voire un peu sa mission.
Ah, j'oubliais. Il y a une connexion Internet fiable au foyer, mais d'assez bas débit. Du coup c'est un peu compliqué pour mettre des photos. Je vais faire ce que je peux pour mes illustrations.

Première odeur, première couleur

Ça y est, je suis arrivé. Voyage sans surprise. Le père Henri, missionnaire MEP a Tanjung Pinang est venu me chercher a l'aéroport avec un autre prêtre français, ancien d'Indonésie, qui prépare en ce moment les JMJ pour 240 français du diocèse de Créteil. Un couple de chrétiens de Singapour nous a conduit de l'aéroport au port ou nous avons pris le bateau pour Tanjung Pinang.
Après deux heures de traversée, arrivée tant attendue en Indonésie, de nuit, vers 20h. Première odeur, c'est la même que celle de la malle a déguisements de Kerguelavan! Première couleur, la pénombre, à cause des lampadaires qui ne marchent pas. Et première sensation, la moiteur et l'humidité de l'air.
Le chauffeur de la paroisse est venu nous chercher... en corbillard! Traversée de Tanjung Pinang by night, ville qui semble vivante et agréable, pas particulièrement pauvre, mais ne vivant de (presque) rien. Les grandes rues sont vivantes, il y a une multitude de petites motos et quelques voitures.
Le foyer, en revanche est plus modeste; l'équipement y est très sommaire. Mais c'est propre (en tout cas en ce moment, car les enfants sont en vacances). Je suis accueilli par Laurent, volontaire qui est là depuis deux ans et ne va pas tarder à rentrer en France. On fait le tour du propriétaire: une grande salle, coupée en deux par des armoires, qui sert d'un côté de salle à manger, et de l'autre de salle d'étude, une cuisine, une sorte de "lavoir" qui sert pour la douche des enfants et leur lessive, une chapelle et quelques pièces au rez-de-chaussé. A l'étage, un grand dortoir pour les enfants, des chambres pour les volontaires donnant sur un grand balcon privé qui sert en fait de petit salon. Voilà pour la description dans les grandes lignes. Photos peut-être plus tard.
Le temps est très humide, je me sent collant et sale, c'est pas très agréable. Ce matin, Laurent m'a fait faire un petit tours en ville avec la moto des volontaires; on est allé prendre un petit dej dans une sorte de boulangerie, puis on est allé au presbytères retrouver les deux pères dont j'ai parlé plus haut.
La première impression de l'Indonésie et des indonésiens est positive: cela semble un peuple joyeux, doux, agréable. Un blanc, c'est rare à Tanjung Pinang, donc on ne passe pas toujours inaperçu, mais on ne se fait pas embêter.

mardi 1 juillet 2008

La monnaie indonésienne

La monnaie officielle en Indonésie s'appelle la roupie Indonésienne.
Sa valeur est... pas très élevée: sur la photo, vous pouvez voire le don de 44000 roupies que m'a fait ce matin Olivier, volontaire de retour (qu'il soit remercié au travers de ces lignes!!). Ces billets aux montants élevés, ont une contre valeur d'environ... 3-4€...